Une mère enseignante et un expert de la santé sexuelle prennent la défense du nouveau programme éducatif de l’Ontario

Posted on mars, 4 2015 by Action Canada

Par Sandeep Prasad et Julie Duncan
Version anglaise d’abord paru dans Huffington Post

La dernière actualisation du programme ontarien d’éducation sexuelle remonte à 17 ans. La plupart des gens conviendront que, comme pour toute chose, une mise à jour s’imposait.

En tant qu’enseignante au primaire, je dois vous dire que ce nouveau programme est nécessaire et bien accueilli par les enseignants. Cela fait des années que nous avons ces conversations et, forcément, répondons aux questions sans aucune orientation ni structure officielle.

À titre de directeur général d’Action Canada pour la santé et les droits sexuels, je me joins à ces parents et enseignants pour célébrer un programme éducatif rafraîchi qui nous apporte de nouveaux outils pour bâtir des communautés en santé.

Une éducation sexuelle qui donne aux élèves les compétences nécessaires à naviguer ce monde diversifié et numérique doit aller au-delà de la biologie. Elle doit inclure des informations sur acheter levitra en ligne sur l’égalité des genres, la santé sexuelle et génésique, les relations, la violence sexospécifique et sexuelle, la diversité sexuelle et de genre, le consentement et les droits de la personne. Elle doit reconnaître la réalité dans laquelle nous vivons, et y être pertinente.

Parler du consentement dès un très jeune âge, c’est offrir des choix aux enfants et aux jeunes, et leur rappeler, chaque jour, que leur corps leur appartient et qu’ils ont le contrôle de ce qui lui arrive.

Outre le consentement, des enjeux comme le harcèlement sexuel, la cyberintimidation et la discrimination font sans cesse la une des quotidiens et les manchettes de fin de soirée. Avec les outils nécessaires à promouvoir l’habilitation et le respect, nos enseignants peuvent aider à répondre directement à ces enjeux. Si nous n’enseignons pas ces compétences de vie aux enfants pendant qu’ils sont jeunes, il est illusoire de s’attendre à ce que chacun d’eux soit soudainement capable de les appliquer dans sa vie au moment où commenceront les relations intimes.

Il est absolument crucial que notre système d’éducation aborde ces enjeux dès le jeune âge, et de manière appropriée à l’âge – comme nous le faisons pour tout autre sujet. Et qu’il travaille à éliminer les stéréotypes, la discrimination et la stigmatisation, en comprenant que, tout comme la société, nos classes sont diversifiées. N’oublions pas qu’il s’agit là d’un droit humain fondamental de nos enfants et de nos jeunes, et que ce droit est reconnu à l’échelle mondiale.

La santé sexuelle ne se fait pas dans le vide et va plus loin plus que les oiseaux et les abeilles. Adéquatement documenté et fondé sur des données probantes, le nouveau programme éducatif élargit une définition étroite de la santé, et nous considérons cela comme un pas vers l’avant.

En tant que parents, nous enseignons à nos enfants des compétences importantes, comme de faire confiance à leur intuition, cette sensation dans le creux du ventre qui nous dit si quelque chose est correct ou non. Ou de s’aimer et d’aimer les autres tels qu’ils sont. Nous leur inculquons des valeurs cruciales pour les aider à comprendre, à explorer et à vivre leur vie, y compris leur sexualité. Cela dit, je sais que même si je fais mon possible pour discuter des choses importantes dans ma maison et pour initier mes enfants à des notions comme le consentement, le plaisir sexuel et les noms corrects des parties du corps, les enfants et les adolescents peuvent être plus réceptifs à ces conversations avec leurs enseignants ou avec une infirmière de santé publique. Je sais aussi que les parents n’ont pas toujours tous les détails ou les outils nécessaires à répondre à toutes les questions. Ces approches sont complémentaires. D’après mon expérience d’enseignante, lorsque les espaces où nous avons ces discussions sont exempts de préjugés, les élèves se sentent habilités par l’information qu’ils reçoivent. En tant que mère, c’est une chose que je souhaite pour mes enfants.

À titre de directeur général d’Action Canada, je collabore avec nos partenaires – parents, adolescents et jeunes, enseignants, leaders communautaires et médecins, pour n’en nommer que quelques-uns – afin qu’ils aient les outils nécessaires à bâtir des communautés en santé, à accroître l’accès à l’information et à promouvoir des compétences de vie et des choix sains.

Nous gérons un site Internet qui offre des informations complètes et dignes de confiance sur la santé sexuelle, comme l’anatomie élémentaire, la prévention des ITS, les soins postnatals et la sexualité saine. Nos sujets les plus consultés? Le consentement et les relations saines. Il y a clairement des lacunes dans ce qui est enseigné à nos élèves, puisqu’ils cherchent l’information par eux-mêmes. Oui, notre site Internet fournit des informations adéquatement documentées – mais tant d’informations erronées circulent, dans la société, que nous devons nous assurer que nos enfants reçoivent des renseignements exacts, directement des enseignants en qui ils ont confiance.

Ensemble, mère enseignante et directeur général d’Action Canada, nous appuyons ce nouveau programme éducatif et sa contribution à une compréhension grandissante de la sexualité humaine en tant qu’aspect positif et sain de la vie – un message important qui peut être enseigné de manière appropriée à l’âge. Veillons à présent à ce que les enseignants qui livrent ce contenu crucial disposent des ressources, des outils et du soutien nécessaires, et bénéficient de conditions adéquates pour accomplir leur travail.

Sandeep Prasad est directeur général d’Action Canada pour la santé et les droits sexuels, un organisme de bienfaisance progressiste et pro-choix engagé à promouvoir et à réaliser la santé et les droits sexuels et génésiques au Canada et dans le monde. Le portail d’information sur la santé sexuelle d’Action Canada est accessible à www.semainessg.ca. Julie Duncan est enseignante de 3e et de 4e années et mère de deux enfants âgés de 3 et 4 ans, à Ottawa.