Des militants demandent l’accès universel à la pilule abortive lors de la réunion des ministres de la Santé

Posted on octobre, 19 2017 by Action Canada

18 octobre 2017

Pour publication immédiate

EDMONTON – À l’occasion de la réunion de juillet 2017 du Conseil de la fédération, Action Canada pour la santé et les droits sexuels avait alloué aux provinces et territoires un délai jusqu’à aujourd’hui pour garantir la couverture universelle du coût de la pilule abortive, Mifegymiso. Jusqu’à présent, cinq provinces s’y sont engagées : le Nouveau-Brunswick, l’Alberta, l’Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse. Les cinq provinces retardataires – la Colombie-Britannique, la Saskatchewan, le Manitoba, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador – doivent s’engager immédiatement à en couvrir les coûts également afin de ne pas violer la Loi canadienne sur la santé et d’éviter de créer un système à deux vitesses pour l’accès aux soins de santé.

Des représentantes et des représentants d’Action Canada, de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada, de la Coalition canadienne de la santé, de l’Association des pharmaciens du Canada ainsi que de la Kensington Clinic se sont unis à l’occasion du Sommet 2017 des ministres de la Santé afin de demander ensemble que le Gouvernement du Canada et les gouvernements de chaque province et territoire couvrent le coût de l’avortement médical. L’accès à l’avortement ne devrait pas dépendre de votre code postal ou de votre tranche de revenu.

« Ce problème ne concerne pas seulement les militants pour les droits génésiques : c’est un problème pour tout le monde qui croit en l’universalité des soins de santé », lance Sandeep Prasad, directeur général d’Action Canada pour la santé et les droits sexuels. Celui-ci ajoute : « Nos dirigeants politiques doivent faire preuve de courage et de vision, en prenant les mesures nécessaires pour répondre à l’inégalité de l’accès à l’avortement. Le problème persiste depuis beaucoup trop longtemps. »

« À l’heure actuelle, une personne en Ontario ou en Alberta qui a besoin d’un avortement médical peut l’obtenir gratuitement. Une personne qui a besoin de ce service à Terre-Neuve, par contre, doit payer entre 300 $ et 450 $, ou s’en passer. Au Manitoba, par ailleurs, de nombreuses personnes devront parcourir une distance pouvant atteindre des centaines de kilomètres afin de se rendre dans l’un des deux points de services autorisés, pour recevoir la pilule sans frais. Et le fait que la Colombie-Britannique ne soit pas encore engagée à y offrir l’accès universel nous porte à nous interroger sur la position du nouveau gouvernement de la province relativement à l’égalité des femmes », affirme M. Prasat.

À l’appui d’une stratégie à plusieurs volets pour assurer l’accès équitable aux soins de santé, l’Association des infirmières et infirmiers du Canada fait valoir haut et fort la nécessité de soutenir les infirmières et infirmiers afin qu’ils prescrivent la pilule abortive : « Que ce soit pour des femmes urbaines ou vivant en milieu rural, nous exhortons les gouvernements des provinces et territoires à offrir l’accès à Mifegymiso. Pour arriver à répondre à ce besoin des Canadiennes, nous devons autoriser et soutenir les infirmier(ère)s praticien(ne)s, et les autres professionnels habilités à le prescrire, de sorte qu’ils mettent à profit toutes leurs compétences. Comme ces professionnel(le)s sont les principaux fournisseurs de soins auprès de plus de trois millions de Canadiens, il est crucial d’abolir tous les obstacles afin de leur permettre de fournir des soins complets à leurs patients, aux quatre coins du pays – et cela inclut la nécessité que les assureurs privés reconnaissent le rôle des infirmières et infirmiers autorisés prescripteurs », affirme Éric Lavoie, de l’Association des infirmières et infirmiers du Canada.

Pareillement, les pharmaciens s’inquiètent devant les obstacles que posent les restrictions de la prestation de Mifegymiso : « L’APhC est fortement en faveur de l’expansion de la couverture du coût de Mifegymiso à l’échelle du pays afin d’en améliorer l’accessibilité pour les femmes », déclare madame Christine Hrudka, vice-présidente de l’Association des pharmaciens du Canada. « Un autre obstacle majeur est l’exigence de Santé Canada voulant que les médecins le fournissent directement aux patients, ce qui diffère de la prestation des autres médicaments et constitue souvent une contrainte pour les médecins. L’APhC a préparé un instantané (https://www.pharmacists.ca/cpha-ca/assets/File/cpha-on-the-issues/Mifegymiso_advocacy.pdf) de l’accès à Mifegymiso en pharmacie, au Canada; on y constate que certaines provinces ont autorisé les pharmaciens à le fournir directement au patient, mais que plusieurs provinces n’ont pas encore adopté cette mesure. Nous incitons Santé Canada à abandonner cette exigence dès que possible; mais à défaut de cette action au palier fédéral, nous exhortons les gouvernements des provinces et territoires restants à autoriser la prestation par les pharmaciens. »

Madame Pauline Worsfold s’adressera également aux représentants des médias au nom de la Coalition canadienne de la santé afin d’attirer l’attention sur l’importance d’une stratégie nationale d’assurance-médicaments; en outre, madame Celia Posinyak, directrice générale de la Kensington Clinic de Calgary, fera état des réalités de la prestation de services d’avortement en Alberta.

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Contact pour les médias :
Darrah Teitel
Action Canada pour la santé et les droits sexuels
613-867-5864
[email protected]

NOTES POUR LES CHEFS DE PUPITRE :
• M. Prasad est à la disposition des journalistes pour des entrevues.
• Des informations plus détaillées sur la pilule abortive et sur la campagne d’Action Canada sont en ligne à www.mifegymiso.com
• Conférence de presse : le 19 octobre 2017, à 11 h 00 au Matrix Hotel
(10640 100e Avenue NW) à Edmonton.
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ACTION CANADA POUR LA SANTÉ ET LES DROITS SEXUELS est un organisme de bienfaisance prochoix et progressiste voué à la promotion et à la défense de la santé sexuelle et génésique au Canada et dans le monde.