Le virus du papillome humain (VPH)

L’infection à VPH est une ITS très répandue. Le VPH est si commun qu’on croit qu’il s’agit de l’ITS la plus répandue au Canada. La plupart des personnes actives sexuellement le contracteront à un moment ou l’autre de leur vie. Lorsqu’on réfléchit à une infection comme le VPH, il est bien de chercher un juste équilibre entre la prudence et le calme. La grande majorité des personnes (jusqu’à 99 % d’entre elles) se débarrasseront du virus en un an ou deux, et n’auront jamais de symptômes. Il est possible qu’elles transmettent le virus à leur(s) partenaire(s), qui le transmettront peut-être à d’autres, mais la plupart des gens élimineront d’eux-mêmes le virus. Dans le cas d’une personne infectée par une souche virale moins bénigne (il existe plus de 100 types connus de VPH), des mesures préventives comme des tests Pap périodiques (vaginaux et/ou anaux) peuvent permettre un diagnostic précoce et un traitement efficace.Le VPH se transmet par le contact peau contre peau avec une personne porteuse du virus, même en l’absence de symptômes visibles. Certaines souches du virus causent des verrues génitales qui peuvent être traitées par diverses méthodes (notamment, le traitement par gel ou par laser, pour enlever les verrues). D’autres formes de VPH peuvent conduire à la croissance de cellules anormales dans le col utérin ou dans le rectum, qui peuvent se développer avec le temps en un cancer du col utérin ou de l’anus. Il est important que les personnes qui sont (ou qui ont été) sexuellement actives et qui ont un col utérin et/ou qui ont du sexe anal demandent un test Pap périodiquement afin de détecter les cellules anormales s’il y en a. De plus, certains types de VPH peuvent être prévenus par un vaccin.

Symptômes*

*Il est possible de n’avoir aucun symptôme

Symptômes* possibles des souches de VPH qui causent des verrues génitales

Pénis : Des verrues pouvant ressembler à de petites excroissances en forme de chou-fleur et de couleur peau (un ensemble ou un monticule de petites excroissances) peuvent se former sur le pénis ou le scrotum, ou encore à l’aine.

Vulve : Des verrues pouvant ressembler à de petites excroissances en forme de chou-fleur et de couleur peau (un ensemble ou un monticule de petites excroissances) peuvent se former sur la vulve ou les lèvres, ou encore à l’aine.

Pendant la grossesse, les verrues sur la vulve ou à proximité peuvent grossir.

Col utérin et région anale : Certaines souches de VPH peuvent causer la croissance de cellules anormales sur le col de l’utérus ou dans la région anale; ces croissances cellulaires peuvent se développer en un cancer du col ou de l’anus, avec le temps. Il est important que les personnes qui sont (ou qui ont été) sexuellement actives et qui ont un col utérin et/ou qui ont du sexe anal demandent un test Pap périodiquement afin de détecter les cellules anormales s’il y en a. De plus, certains types de VPH peuvent être prévenus par un vaccin. La vaccination peut jouer un rôle important dans la prévention de la transmission de certaines souches. Ceci est spécialement important dans le cas des personnes qui n’ont pas accès au test Pap périodiquement ou qui peuvent être à risque de dommages accélérés au col de l’utérus causés par le VPH (p. ex., les personnes qui fument et celles qui vivent avec le VIH).

Transmission and Prévention

Le VPH peut se transmettre par le sexe oral, anal ou vaginal avec une personne qui a le VPH, et également si l’on touche ou si l’on frotte les organes génitaux d’une personne qui a le VPH. Dans de rares cas, le VPH peut également se transmettre d’une personne enceinte à son bébé pendant l’accouchement.

L’usage d’un condom peut aider à prévenir la transmission du VPH; mais étant donné que les régions génitales où le VPH peut se trouver ne sont pas toujours complètement recouvertes par un condom, la protection n’est pas complète.

Le test Pap est le moyen le plus efficace d’éviter que des souches de VPH ne se développent en un cancer du col ou de l’anus (mais ce risque n’est pas présent avec toutes les souches de VPH). Un test Pap au col utérin est une procédure simple qui consiste à prélever un petit échantillon de cellules du col pour les examiner au microscope. Un test Pap permet de repérer et contribue à diagnostiquer les troubles suivants :

  • états précancéreux dans le col utérin et cancer du col;
  • états précancéreux dans le vagin et cancer du vagin; et
  • infection et inflammation dans les voies génitales inférieures.

Les tests Pap sont effectués également en suivi à des tests Pap précédents qui étaient anormaux, afin de surveiller tout état précancéreux potentiel et d’examiner s’il y a réapparition du cancer après un traitement. Les personnes qui ont un col utérin et qui sont (ou ont été) sexuellement actives (quelle que soit leur identité de genre et quel que soit le sexe assigné de leurs partenaires sexuel-les) devraient passer périodiquement un test Pap.

Le cancer du col utérin est considéré comme étant évitable à 90 % par des test Pap périodiques et des traitements au besoin. La fréquence suggérée des test Pap dépendra des lignes directrices de votre province ou territoire; elle oscille entre un intervalle d’une à trois années, selon votre âge et d’autres caractéristiques, comme le résultat normal ou anormal de votre test Pap précédent. Discutez avec votre professionnel-le des soins de santé pour établir à quelle fréquence vous devriez passer un test Pap.*

Un test Pap anal est semblable (mais dans l’anus) à un test Pap du col utérin. Ce test sert à la détection précoce du cancer anal. Certaines souches de VPH peuvent causer un cancer rectal alors que d’autres causent des verrues génitales, anales ou rectales. Les personnes qui ont du sexe anal, qui sont immunocompromises ou qui ont des antécédents de cancer du col, de la vulve ou du vagin sont à risque accru de développer un cancer anal. La vaccination contre le VPH avant l’exposition sexuelle initiale peut réduire le risque de cancer anal. Il n’existe pas de ligne directrice sur les tests Pap anaux, pour le moment.

Traitement

Il existe plusieurs traitements pour les verrues génitales sévères et les lésions précancéreuses et cancéreuses sur le col utérin et dans la région anale. Ces traitements incluent (entre autres) des crèmes ou gels topiques, la chirurgie pour enlever les verrues, le traitement par laser, la coagulation à froid et la cryothérapie (engelure) pour traiter la partie du col utérin où sont observées des cellules anormales. Discutez avec votre professionnel-le des soins de santé pour plus d’information sur les options qui s’offrent à vous.

La vaccination contre le VPH

  • Le vaccin contre le VPH procure une protection contre certaines souches du VPH qui peuvent causer des verrues génitales ainsi que des cancers du col, du vagin et de l’anus. Les vaccins offerts au Canada sont les suivants :
    • Le vaccin bivalent ou 2-valent (VPH-2) (appelé Cervarix) : efficace contre l’infection par les deux souches les plus courantes du VPH pouvant causer un cancer (16 et 18). Ce vaccin nécessite trois doses à administrer au cours d’une période de six mois (vaccin initial, puis un mois plus tard et au sixième mois). Il est approuvé pour une utilisation chez des femmes de 9 à 45 ans. L’utilisation de Cervarix chez des hommes n’a pas encore été approuvée au Canada.
    • Le vaccin quadrivalent ou 4-valent (VPH-4) (appelé Gardasil) : efficace contre l’infection par les quatre souches les plus courantes du VPH (6, 11, 16 et 18). Ce vaccin nécessite trois doses à administrer au cours d’une période de six mois (vaccin initial, puis au deuxième mois et au sixième mois). Il est approuvé pour une utilisation chez des hommes de 9 à 26 ans et chez des femmes de 9 à 45 ans.
    • Le vaccin nonavalent ou 9-valent (VPH-9) (appelé Gardasil 9: efficace contre l’infection par neuf souches du VPH : 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58. Il est approuvé pour une utilisation chez des hommes de 9 à 26 ans et chez des femmes de 9 à 45 ans.

 

  • Les personnes qui ont été vaccinées doivent continuer de recevoir des tests Pap périodiques. La vaccination ne prévient que les souches de VPH causant des cancers qui sont les plus courantes.
  • La vaccination est au maximum de son efficacité si elle est faite avant le début de l’activité sexuelle; le vaccin ne peut pas éliminer des infections existantes.
  • Les avantages potentiels sont les plus grands avant le début de l’activité sexuelle. Le groupe d’âge pour lequel la vaccination est recommandée est les 9 à 13 ans.
  • Gardasil et Cervarix ont une efficacité démontrée chez les personnes de 9 à 26 ans, sans égard à l’activité sexuelle. Les vaccins peuvent également être administrés à des personnes de plus de 26 ans (elles peuvent encore bénéficier de la protection qu’ils procurent).
  • Les vaccins contre le VPH sont donnés au cours d’une période de six mois, en un régime de trois doses.
  • Pour savoir si vous ou votre enfant êtes admissible à un programme d’immunisation, prière de vérifier auprès des instances de santé publique de votre province ou territoire. Si vous ou votre enfant n’êtes pas admissible à la vaccination contre le VPH dans le cadre d’un programme public d’immunisation, vous pouvez vous informer auprès de votre professionnel-le des soins de santé concernant l’achat du vaccin.
  • Libre à vous de vous faire vacciner ou de faire vacciner votre enfant. Les preuves sont très claires : les risques liés au VPH sont beaucoup plus grands que les risques associés à la vaccination.

Dépistage

Les verrues génitales causées par le VPH sont diagnostiquées par un examen visuel réalisé par un-e professionnel-le de la santé. Des examens du pénis, de l’anus, de la bouche et de la gorge peuvent également être effectués pour surveiller de possibles signes de VPH. Les tests Pap de routine sont le moyen le plus efficace de repérer le VPH. Des tests sanguins peuvent également être utilisés pour dépister l’ADN du VPH et déceler quelle(s) souche(s) vous pourriez avoir.

Mis à jour le 2019-04-09
Campagne associée
Sujets