La littératie médiatique

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Les médias sont partout. Ils peuvent être une source de rires, de plaisir et d’appartenance, mais aussi de stress et de normes impossibles à satisfaire.

Nous passons beaucoup de temps avec nos téléphones ou nos ordinateurs, à utiliser les médias sociaux, visionner du contenu, regarder des émissions, écouter de la musique et lire des trucs sur Internet. Les médias ont un effet puissant sur nous. Il est important de comprendre comment la sexualité et les relations dans les médias diffèrent de ce qui se passe dans la vie réelle.

La plupart des représentations de la sexualité, des relations et des corps dans les médias sont irréalistes. On peut apprendre à être critiques et à remettre en question ces messages plutôt que de les confondre avec la réalité.

Chaque publicité cache un message plus subtil que celui d’acheter un produit. Chaque article, chaque émission, chaque nouvelle a un message plus profond. Les publicités, les profils de marques dans les médias sociaux et les influenceurs et influenceuses créent des idéaux qui exploitent les insécurités des gens, parce que ça fait augmenter les ventes. Pour vendre des produits ou mousser leur image, les marques hypersexualisent les corps des femmes et utilisent la masculinité toxique, exagèrent les rôles de genres et véhiculent des messages qui peuvent nous donner l’impression de ne pas être « suffisant-e ». Développer notre esprit critique face aux médias est une excellente façon de protéger notre santé.

La pornographie

La pornographie est plus accessible que jamais. Plusieurs d’entre nous ont déjà vu de la porno : tu en as peut-être regardé par curiosité, parce que tes ami-es et toi vouliez rigoler, en cliquant sur un lien par erreur, ou parce que tu avais envie de te masturber.

Peu importe la raison, il n’y a rien de honteux à regarder de la porno. Mais il faut quand même être critique face à ce type de contenu car, comme les autres médias, la porno grand public véhicule des idées limitées sur le genre, les corps et la sexualité. Par exemple, la plupart des acteurs et actrices pornographiques ont une apparence précise (p. ex., très minces, musclé-es, athlétiques, gros seins, gros pénis, pas de poils pubiens, etc.); plusieurs scénarios présentent les femmes comme étant soumises sexuellement et socialement; et le sexe n’y est pas toujours réaliste ou agréable pour toutes les personnes impliquées (p. ex., il y a peu ou pas de communication entre les partenaires, peu de préliminaires avant la pénétration, etc.).

Même si la porno grand public n’est pas réaliste, les images ou vidéos sexuelles peuvent donner aux jeunes l’occasion d’explorer leur sexualité en toute sécurité. C’est vrai en particulier pour celles et ceux d’entre nous qui ont des sexualités marginalisées (p. ex., les jeunes LGTBQIA2S+ et les jeunes handicapé-es). La porno en ligne est parfois le seul endroit où notre sexualité est représentée, et ça peut être valorisant. Mais la façon dont certain-es d’entre nous sont représenté-es dans la pornographie peut déformer et fétichiser notre identité, ce qui peut renforcer la discrimination. Par exemple, les personnes de couleur peuvent être montrées plus souvent dans la pornographie que dans d’autres formes de médias, mais elles peuvent aussi y être représentées de manière stéréotypée et biaisée, ce qui renforce le racisme. N’oublie pas que la pornographie est une industrie qui vise à faire des profits!

Il existe des alternatives à la porno traditionnelle. Des sites et des cinéastes s’efforcent de contester les aspects irréalistes de la porno et de payer leurs travailleuse(-eur)s de manière équitable. La pornographie féministe et éthique offre un contenu habilitant, sans discrimination.

La littératie pornographique est un élément clé de la littératie médiatique. Si possible, trouve un-e adulte digne de confiance avec qui discuter de la pornographie et de l’attitude des gens à l’égard du sexe, des rôles de genre, des fantasmes, du racisme, etc. Il existe aussi des ressources pour approfondir le sujet :

Clique ici pour découvrir le projet « What’s up with Porn » >>

Voici quelques questions utiles à se poser au sujet des médias qu’on consomme :

  • Qui a créé ce contenu?
  • Quel est le but de ce contenu? (T’informer? Te faire ressentir une chose en particulier?)
  • Qui vois-tu et que vois-tu? Qui est représenté-e et qui est absent-e? (« Tout le monde est blanc dans ce vidéoclip » ou « Wow, presque tous les personnages sont des gars, il y a seulement une fille »)
  • Le contenu représente-t-il de manière réaliste le genre, la sexualité, les corps, le mode de vie des jeunes, etc.? Si c’est une production pornographique, crois-tu qu’elle présente une image réaliste du sexe avec un-e partenaire?
  • Le contenu dénigre-t-il une personne ou un groupe de personnes?
  • Le contenu montre-t-il des stéréotypes?
  • Présente-t-il certaines personnes comme étant des objets sexuels?
  • Après avoir visionné ce contenu, comment te sens-tu par rapport à toi-même? À tes choix? À ton corps? À ce que tu as? À ta vie en général?

Lorsqu’on commence à se poser ces questions pour réfléchir au contenu qu’on consomme tous les jours, le réflexe devient vite automatique. Il suffit de s’habituer à utiliser notre sens critique. Plus on est conscient-e des messages qui nous sont envoyés, plus on peut profiter des bienfaits de la technologie sans céder à la pression.

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