Le sexe et les relations

People representing diverse backgroundes gathered together surrounded by flowers

Le sexe et les relations peuvent être une grande partie de notre expérience d’adolescent-e (n’oublie pas que le sexe, ce n’est pas seulement la pénétration).

On a parfois l’impression que tout le monde parle de fréquentations, de drague et de qui a des relations sexuelles ou pas. Ça peut être excitant, amusant, stressant et bouleversant (et parfois c’est tout ça à la fois). Même si tout le monde semble parler de sexe et de relations, il peut être difficile de trouver des informations utiles sur la décision d’avoir ou non des relations sexuelles, et à quel moment; sur les différents types de sexe; sur le sexe plus sécuritaire; et sur les habiletés émotionnelles nécessaires pour bâtir des relations saines.

Les sections suivantes offrent des informations sur la décision d’avoir ou non des relations sexuelles, et à quel moment; le consentement; les mythes sur la virginité; le sexe plus sécuritaire; la contraception; les options de grossesse; les habiletés pour bâtir des relations saines et les signes avertisseurs d’une relation malsaine.

On surestime souvent le nombre de personnes autour de nous qui ont des relations sexuelles et la fréquence à laquelle elles en ont. Par conséquent, plusieurs adolescent-es et jeunes adultes se sentent gêné-es ou honteux(-ses) parce qu’ils et elles pensent être les seul-es à ne pas avoir de relations sexuelles. On fait aussi souvent des suppositions sur le type de sexe qu’ont les gens autour de nous. C’est parce qu’on insiste et qu’on parle de sexe plus souvent qu’on en a vraiment.

Tu pourrais avoir entendu parler de la virginité – dans des conversations avec des ami-es, des histoires et des intrigues de films ou d’émissions de télé. On peut avoir l’impression que la virginité est le contraire du sexe : soit on est vierge, soit on a eu des relations sexuelles. La réalité est plus complexe.

Mythes sur la virginité

La virginité est une idée basée sur un mythe, et non sur un fait scientifique. Cette idée est socialement puissante, mais elle est un résultat de mythes sur le sexe et sur ce qu’il n’est pas. 

La virginité est un mythe concernant l’état d’une personne qui n’a pas encore eu de relation sexuelle avec pénétration (généralement vaginale). Cette définition est limitative et néfaste. Elle écarte les nombreuses façons dont les gens peuvent être sexuels et fait de la pénétration quelque chose qui nous « change ». Elle renforce aussi des idées néfastes sur le genre et la sexualité. Par exemple, d’un côté, on félicite les jeunes femmes d’être vierges, on les encourage à l’être (même si on se moque parfois d’elles parce qu’elles sont « prudes ») et on les humilie si elles ne le sont pas. De l’autre côté, on humilie les jeunes hommes qui sont vierges et on les encourage à faire tout ce qu’ils peuvent pour ne plus l’être. 

Être « déflorée » ou « briser l’hymen » fait aussi partie des mythes de la virginité. C’est une fausse façon de décrire ce qui peut arriver à la couronne vaginale au fil du temps à cause des règles, des sécrétions, de la masturbation, du sexe et/ou de changements hormonaux. L’idée qu’il y a quelque chose à « percer » ou à « briser » dans le vagin vise à rendre réel le mythe de la virginité.

L’idée de la virginité exclut celles et ceux d’entre nous qui n’ont pas de sexe avec pénétration ou de relations sexuelles pénis-vagin. Bref, la virginité veut dire différentes choses pour différentes personnes, et le choix d’avoir des relations sexuelles pour la première fois (peu importe comment tu les définis!) n’appartient qu’à toi.

Suis-je prêt-e à avoir des relations sexuelles?

Le développement sexuel fait partie du passage à l’âge adulte et il inclut de décider si on veut avoir des relations sexuelles ou non, et à quel moment. Il faut réfléchir à plusieurs choses importantes avant de décider d’avoir des relations sexuelles pour la première fois ou avec un nouveau ou une nouvelle partenaire. Les sections suivantes contiennent des informations à prendre en compte dans tes décisions sur l’activité sexuelle.

Plusieurs d’entre nous croient que nous « devrions » avoir des relations sexuelles même si nous ne sommes pas prêt-es, car nous pensons que tout le monde en a déjà. De nombreuses personnes ressentent la pression d’avoir des relations sexuelles alors qu’elles ne sont pas intéressées ou pas prêtes. 

Le plus important dans la décision d’avoir ou non des relations sexuelles et à quel moment, c’est de te sentir prêt-e. Mais ça veut dire quoi, être « prêt-e »? C’est une combinaison d’éléments : le moment, le lieu, ton état d’esprit, et surtout, la personne avec laquelle tu prévois le faire.

J’ai trouvé le bon ou la bonne partenaire

Le bon ou la bonne partenaire est quelqu’un avec qui tu te sens en sécurité. Lorsqu’on fait confiance à quelqu’un, parce que cette personne est là pour nous, nous donne un sentiment d’habilitation et nous met à l’aise, le sexe peut être une source de grande joie, de connexion et de plaisir. Le bon ou la bonne partenaire est une personne que nous désirons. Si tu n’es pas certain-e de tes sentiments à l’égard d’une personne ou de ce qu’elle ressent pour toi, c’est peut-être une bonne idée d’attendre.

Je sens que c’est le bon moment; c’est ce que je veux

Le bon moment pour avoir des relations sexuelles (pour la première fois ou avec un nouveau ou une nouvelle partenaire) est celui qui répond à tes valeurs personnelles, tes objectifs de vie et de relations et tes besoins émotionnels et physiques. 

Certain-es d’entre nous pourraient envisager d’avoir des relations sexuelles pour plaire à quelqu’un, ou à cause de la pression de nos pair-es – mais nous devrions plutôt le faire quand NOUS le désirons. C’est vrai aussi pour les personnes avec qui on veut avoir des relations sexuelles : on devrait toujours s’assurer qu’elles en veulent aussi. Ça n’est pas correct d’essayer de « convaincre » une personne d’avoir du sexe et/ou de la harceler lorsqu’elle dit non (ou le sous-entend). Ça n’est pas un consentement, et tu dois avoir un consentement pour être intime physiquement ou sexuellement avec d’autres personnes. 

Le choix du moment est important; tu ne devrais pas te sentir précipité-e. Il pourrait arriver que tu te sentes prêt-e à avoir des relations sexuelles (ou que tu en aies déjà eu), mais que le moment ne te convienne pas (p. ex., tu ne veux pas avoir de sexe lors d’une fête ou dans un parc). Dans ce cas, il est important de reconnaître ce que tu souhaites, et de prendre un peu de recul.

Je ressens du désir, je sais ce que je trouve agréable et comment le communiquer

Nous pouvons ressentir du plaisir physique de plusieurs façons, entre autres par le toucher, les câlins, les baisers et les caresses. Certains des plaisirs les plus intenses de la vie passent par l’excitation et l’expérience sexuelles. Nous méritons tou-te-s le plaisir, la proximité et l’affection dans nos relations sexuelles. 

Avant d’avoir des relations sexuelles avec d’autres personnes, il faut apprendre à se connaître et prendre le temps de découvrir ce qu’on trouve agréable. C’est vrai en particulier pour les filles et les jeunes femmes (cis et trans), car on voit rarement de quoi le désir et le plaisir ont l’air, ou même leur importance! Par exemple, les scénarios de fréquentations nous disent que les hommes cis méritent le plaisir et que c’est le rôle des femmes de les satisfaire, souvent au détriment de leur propre plaisir.

La masturbation ou l’auto-plaisir est une des nombreuses façons de découvrir ce qui est bon dans notre corps. Pour être prêt-e à avoir des relations sexuelles avec une autre personne, une étape importante est de connaître clairement ce qui donne du plaisir à notre corps, ce qu’on désire, ce qu’on veut vraiment et comment en parler.

Que faire si mon expérience du sexe est différente de ce à quoi je m’attendais?

Nous sommes habitué-es d’entendre parler des risques liés à l’activité sexuelle. Nos ami-es et nos émissions de télé nous disent que le sexe arrive toujours au bon moment et qu’il est toujours amusant, romantique et agréable. Mais on n’en sait pas autant sur les zones grises.

Le sexe peut être amusant et très agréable, mais il peut aussi être inconfortable ou ne pas être aussi bon qu’on l’espérait. Si on s’attendait à ce que le sexe soit romantique, mais que l’expérience a été embarrassante, c’est pas grave. Si on espérait que le sexe soit instinctif, amusant ou facile, mais que ça a été inconfortable, c’est pas grave. C’est normal et ça arrive, surtout quand on apprend à connaître le corps d’une autre personne pour la première fois. 

Un des ingrédients clés du sexe agréable c’est de parler ouvertement et franchement de ce que nous voulons, de nos attentes et de nos expériences, avec nos partenaires sexuel-les. 

J’ai la bonne information pour prendre soin de moi

Le sexe est formidable et a plusieurs effets positifs et agréables, mais il y a aussi un risque d’ITS (qui sont très fréquentes) ou de grossesse non planifiée. Si tu es bien renseigné-e sur la contraception, les options de grossesse, les ITS et le sexe plus sécuritaire, tu sauras mieux comment prendre soin de ton corps – et ça peut atténuer grandement l’anxiété.

Tu veux lire plus d’information?

Clique ici pour lire l’article « Am I Ready for Sex? » de Planned Parenthood

Clique ici pour lire la « Sex Readiness Checklist » de Scarleteen 

Que faire si je ne suis pas encore certain-e ou si le sexe ne m’intéresse pas?

Plusieurs d’entre nous sont mal renseigné-es sur le sexe, vu le manque d’éducation sexuelle adéquate dans nos écoles. C’est donc possible d’avoir du mal à décider si on est prêt-e à avoir des relations sexuelles pour la première fois ou avec un nouveau ou une nouvelle partenaire; de ne pas savoir exactement ce que « sexe » veut dire; ou de ne pas savoir comment agir ou ce qui donne une expérience positive. Si tu n’es pas encore certain-e ou si le sexe ne t’intéresse pas en ce moment, c’est bien correct aussi! 

Certain-es d’entre nous ne ressentent pas d’attirance sexuelle et peuvent se situer sur le spectre de l’asexualité. En voyant nos pair-es développer de plus en plus d’intérêt pour le sexe, on peut avoir l’impression d’avoir quelque chose qui cloche – mais l’asexualité est une orientation sexuelle absolument normale et à laquelle plusieurs personnes s’identifient.