Santé et bien-être sexuels : parlons sexe

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Notre santé et notre bien-être sexuels : faits importants à retenir

Souvent, lorsqu’il est question de santé sexuelle, on présume qu’il s’agit simplement de l’absence de maladie, d’infection ou de problème. Pour certain-es d’entre nous, le seul fait de parler de santé sexuelle peut être inconfortable ou embarrassant. Or il est important de se rappeler que la santé sexuelle est un aspect essentiel de notre santé et de notre bien-être général, tout au long de nos vies. La santé sexuelle est plus que l’absence de maladie ou d’infection. Le bien-être sexuel englobe les dimensions physique, émotionnelle, mentale et sociale. Notre milieu de vie et de soins de santé importe aussi. Les endroits où l’on grandit, nos valeurs familiales, les emplois que nous occupons, l’emplacement de l’épicerie la plus proche et le type de personnes que nous sommes sont autant de facteurs déterminants. Ils influencent nos expériences de la sexualité et notre degré d’accès à des informations adéquates, à des ressources essentielles (contraception, condoms, traitements, etc.) et aux soins de santé qui nous aident à bien nous porter.

Lorsqu’on parle de santé sexuelle, de quoi s’agit-il?

La santé sexuelle inclut divers types de sujets et de conversations. Une discussion sur la santé sexuelle peut aborder des thèmes comme les relations sexuelles confortables et agréables, les relations saines, les normes de genre, la culture populaire, la fondation d’une famille et plus encore. Tellement d’aspects de nos vies et de notre environnement jouent un rôle dans notre santé et notre bien-être sexuels.

Ça inclut aussi des conversations sur la politique.

La santé sexuelle, ce n’est pas qu’une question de soins; c’est aussi votre droit. Nous avons tous et toutes le droit d’être en santé et d’avoir accès à l’information et aux soins dont nous avons besoin – comme des informations sur les risques d’ITS et la possibilité d’obtenir un test Pap et des contraceptifs. 

Comme on le dit souvent, « la politique, c’est personnel » – car votre facilité ou votre difficulté d’accès à l’information et aux soins dépend des lois, politiques et pratiques en vigueur. Par exemple, peut-être avez-vous théoriquement le droit à des soins d’avortement au moment où vous en avez besoin, mais si la clinique la plus proche est à des centaines de kilomètres de chez vous, cela ne donne pas grand-chose. Ou encore, si l’éducation à la sexualité ne parle pas des besoins et expériences LGBTQI2S+, une bonne partie des individus ne recevront pas l’information dont ils ont besoin pour rester en santé.

Il existe plusieurs façons de prendre le contrôle de votre santé sexuelle. L’une des premières étapes clés est de vous renseigner – et vous êtes au bon endroit pour ça!  

Quelle est la différence entre le sexe et la sexualité?

Le sexe et la sexualité sont deux choses différentes. La sexualité ne concerne pas (seulement) avec qui vous avez des relations sexuelles et à quelle fréquence. Elle englobe vos sentiments sexuels et vos pensées, attirances et comportements à l’égard des autres. Ces comportements peuvent inclure le sexe, mais ce n’est pas toujours le cas. Votre (non-)attirance physique, sexuelle ou émotionnelle envers d’autres personnes fait partie de votre sexualité. Il en va de même pour votre manière d’exprimer votre genre et votre identité sexuelle. C’est la force vitale qui détermine avec qui vous tombez en amour, quel genre de personne vous attire et avec qui vous désirez avoir des relations sexuelles. La sexualité est différente d’une personne à l’autre, mais c’est un aspect plutôt central de nous tous et toutes. 
 
La sexualité est profonde, complexe et personnelle. Comprendre votre sexualité peut être une expérience très libératrice, excitante et positive. Elle inclut vos expériences en lien avec votre genre, le genre et la sexualité de votre ou vos partenaire-s, et ce qui vous allume.

Certaines personnes font l’objet de discrimination au motif de leur sexualité, car on vit dans un monde où les sexualités sont hiérarchisées et où certaines sont considérées comme étant plus acceptables, « normales » ou valides. 

Cette hiérarchie est fausse et inacceptable. Si quelqu’un vous fait du trouble à cause de votre sexualité, c’est de la discrimination. Si cela vous arrive, il est important d’en parler à des personnes dignes de confiance. 

Différentes orientations sexuelles

Il nous faut parfois du temps pour définir notre sexualité et notre orientation sexuelle. Ça peut être mélangeant et ça peut changer au fil du temps. C’est correct de ne pas être certain-e et de prendre votre temps pour y réfléchir. C’est correct également de changer d’idée, car la sexualité peut évoluer et changer au cours de la vie. 
 
Vous pourriez être attiré-e par des hommes ou des femmes, par les deux, ou aucun, ou par des personnes dont le genre est non binaire. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise orientation sexuelle – il n’y a que votre vérité intérieure. Et bien qu’il existe des termes courants pour définir divers types d’orientation sexuelle (par exemple, gai-e, lesbienne, pansexuel-le, etc.) et que ceux-ci conviennent à certaines personnes, les étiquettes ne sont pas toujours représentatives ou nécessaires. Pour certaines personnes, ces étiquettes sont comme des boîtes qui nous contraignent trop. 

L’asexualité est-elle une orientation sexuelle? 

Votre orientation sexuelle est constituée de votre attirance (ou non-attirance) émotionnelle, romantique, physique et/ou sexuelle envers les autres. Certaines personnes ne ressentent pas d’attirance sexuelle ou ont besoin de se sentir très connectées émotionnellement à quelqu’un pour être attirées sexuellement. D’autres veulent des relations romantiques, mais pas sexuelles. Toutes ces choses peuvent indiquer que vous vous situez quelque part sur l’échelle de l’asexualité.

Plusieurs personnes considèrent l’asexualité comme une orientation sexuelle en soi, alors d’autres y voient l’absence d’orientation sexuelle. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un élément central de la sexualité de certaines personnes. 

Lorsque tout le monde autour de vous parle de sexe ou y pense, mais que ce n’est pas votre cas, ça peut être décourageant. Mais rassurez-vous : plusieurs personnes se placent sur le spectre de l’asexualité. L’asexualité est relativement répandue et elle est tout à fait normale. Il peut être libérateur de comprendre que l’asexualité est une vraie expérience et que vous n’êtes pas seul-e.

Cliquez ici pour en savoir plus sur l’asexualité.

Sexe

Il n’existe pas une définition unique du sexe. Le sexe signifie différentes choses pour différentes personnes. Il est normal de se demander si une activité ou une autre compte comme du sexe. Voici la réponse : si ça vous paraît comme du sexe, alors c’est du sexe. Une vision inclusive du sexe – qui ne se limite pas à la pénétration vaginale ou anale – est importante pour illustrer ce à quoi le sexe ressemble pour différentes personnes. 

Pour certaines personnes, le sexe peut inclure la pénétration vaginale ou anale, ou le sexe oral. Pour d’autres, ce peut être la stimulation génitale ou d’autres types de touchers intimes. Le sexe peut également inclure la masturbation, l’utilisation de jouets sexuels ou une étreinte intime sans pénétration. Il peut aussi comporter des scénarios négociés et consensuels de soumission ou de domination. Bref, la sexualité s’exprime de toutes sortes de façons.

Le sexe que nous avons évolue au fil du temps. Les choses que nous aimons, que nous faisons ou qui nous allument ne sont pas fixes. Les transformations que nos corps subissent à cause de l’âge ou d’expériences comme un accouchement, un accident ou une maladie, les relations que nous avons ou ce qui se passe à diverses étapes de nos vies peuvent influencer nos pratiques et notre expression sexuelles. Les types de personnes qui nous attirent peuvent également changer avec le temps. Cela est dû au fait que la compréhension que les personnes ont de leur genre et de leur sexualité peut évoluer au cours de leurs vies. 

Qu’est-ce qu’être « normal »?

« Est-ce normal-e? » ou « Suis-je normal-e? » – voilà des questions que les gens se posent très souvent à propos de leur sexualité, de leur niveau de désir, de leurs préférences et de leurs fantasmes.

Il est normal de se questionner sur le sexe et la sexualité. La plupart des personnes se posent des questions à un moment ou à un autre de leurs vies. Ceci est en partie dû au fait que, même si le sexe est partout dans la publicité, au cinéma et dans la culture populaire, nous avons rarement des discussions franches et ouvertes à ce sujet. 

Les attitudes à l’égard du sexe évoluent constamment. Ce qui était considéré comme « normal » il y a 50 ans est différent de ce qu’on trouve « normal » aujourd’hui. Chacun-e d’entre nous a grandi dans une famille différente et dans des circonstances différentes, et ces expériences façonnent nos croyances et nos valeurs par rapport au sexe. 

Il est donc impossible de cerner ce qui est « normal », car c’est une réalité qui change constamment; elle est influencée par le contexte plutôt que d’être rigide et clairement définie. Par exemple, il y a quelques décennies, il n’était pas socialement acceptable ou « normal » de marier une personne du même genre ou d’avoir des relations sexuelles avant le mariage, mais c’est plutôt normal de nos jours. 

Plusieurs personnes ressentent de l’anxiété par rapport à ce qu’elles devraient faire et ressentir, mais il est bon de ne pas trop s’en faire avec le concept de ce qui est « normal » ou pas. En ce qui a trait au sexe que nous avons (ou désirons), les seules préoccupations qui devraient compter sont le consentement, le plaisir et le bien-être des personnes impliquées et/ou concernées – ce qui inclut non seulement votre ou vos partenaire-s, mais également vous. 

Parlons sexe

Plusieurs d’entre nous nourrissent une curiosité à l’égard du sexe et ont des questions, mais il peut être tabou ou inconfortable d’en parler ouvertement. Ceci signifie que nous sommes souvent laissé-es à nous-mêmes pour trouver des réponses à nos questions. 

Si vous avez besoin d’aide pour clarifier le tout, il pourrait être utile de rencontrer un-e fournisseur(-euse) de soins de santé ayant une attitude positive à l’égard de la sexualité (comme un-e intervenant-e dans une clinique de santé sexuelle) à qui vous pourrez poser toutes vos questions. Ceci inclut toute question et/ou préoccupation que vous pourriez avoir à propos de votre vie sexuelle. 

Dans vos relations, essayez de créer des occasions de discuter ouvertement de sexe avec votre ou vos partenaire-s. Ceci pourrait inclure de poser des questions sur la contraception, de négocier l’usage du condom ou de parler des menstruations. 

Parfois, ces sujets peuvent être un peu moins gênants à aborder que « ce qui nous allume » dans les relations sexuelles. Le fait de parler de questions pratiques peut briser la glace et nous mettre un peu plus à l’aise de parler ouvertement de sexe dans nos relations. Parler de sexe et de ce qu’on trouve bon et communiquer avec nos partenaires est une habileté qui se développe avec le temps, peu importe le niveau de malaise initial.

Est-ce que je pense trop ou pas assez souvent au sexe?

Différentes personnes ont des degrés différents de désir sexuel (« libido »). Certaines personnes ont une libido forte; d’autres moins. Le niveau de désir n’est pas fixe; il peut augmenter ou diminuer à différents moments de la vie, selon l’état de vos relations et les événements de votre vie en général – voire au cours d’une même journée ou semaine, selon votre humeur ou votre stress. 

Plusieurs personnes s’inquiètent d’une libido qui diminue. Ceci est souvent situationnel – votre désir sexuel pourrait diminuer si vous êtes stressé-e ou malade, et augmenter si vous êtes proche de votre ou vos partenaire-s ou avec l’excitation d’une nouvelle rencontre. Toutes ces expériences sont normales. 

Même si on peut s’attendre à ce que notre désir sexuel fluctue au cours de notre vie, certains problèmes de santé peuvent contribuer à des fluctuations de la libido et nécessiter une assistance. Par exemple, si vous constatez que vous n’avez pas envie de sexe depuis un certain temps et que cela vous dérange, il pourrait être utile d’en parler à votre professionnel-le de la santé. Certains problèmes médicaux ou encore des expériences de vie ou d’autres événements peuvent affecter votre libido et votre capacité d’avoir des relations sexuelles agréables et confortables. Ceci inclut l’incontinence, la douleur génitale après un accouchement, se sentir dépassé-e par les demandes du rôle de parent, le stress d’un nouvel emploi, ne pas se sentir excité-e par le sexe qu’on a ou se sentir déconnecté-e de notre partenaire.

Certaines personnes peuvent être affectées par le trouble lié à la baisse du désir sexuel (TBDS), c’est-à-dire le manque persistant de pensées sexuelles ou érotiques, de fantasmes et de désir d’activité sexuelle. Pour qu’il y ait diagnostic de TBDS, ces symptômes doivent persister au moins six mois et causer une détresse significative sur le plan clinique. Dans d’autres cas, des personnes peuvent avoir une aversion sexuelle; il s’agit d’un comportement d’évitement ou de forte aversion à l’égard du sexe. Ces affections peuvent toucher des personnes de tous les genres. 

À l’autre bout du spectre, il y a l’hypersexualité ou le comportement sexuel compulsif (parfois appelé « dépendance sexuelle »). Ceci se produit lorsqu’une personne est préoccupée par le sexe (et les fantasmes sexuels) au point où cela perturbe sa vie quotidienne, ce qui peut se manifester par la poursuite obsessionnelle de nouveaux ou nouvelles partenaires sexuel-les. 

Les fluctuations de la libido peuvent également être un effet secondaire de médicaments (les antidépresseurs peuvent affecter le fonctionnement ou le désir sexuel; des médicaments servant à traiter la maladie de Parkinson peuvent causer l’hypersexualité) ou de troubles médicaux (l’hypertension artérielle et le diabète peuvent diminuer la libido; le trouble bipolaire peut conduire à l’hypersexualité). Si votre situation vous dérange et affecte votre relation, le fait d’en parler à votre partenaire pourrait l’aider à vous soutenir et à mieux vous comprendre; de plus, si nécessaire, vous pourriez demander à ce que votre médication soit ajustée ou recourir à des services comme le traitement ou la thérapie.  

Certains changements dans la libido peuvent être tout à fait normaux, mais il est important de se rappeler que les troubles sexuels sont réels et qu’ils méritent de l’empathie et du soutien. Notre santé sexuelle est un aspect central de notre santé globale. Chaque personne mérite d’obtenir les soins de santé dont elle a besoin pour répondre à une situation qui interfère avec son bien-être. Cependant, dans le cas de l’hypersexualité, il est important de noter que ceci n’est pas un prétexte pour agir d’une manière qui porte préjudice à autrui.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible de répondre à plusieurs de ces situations par le soutien, par exemple sous forme de counseling ou de traitement. Toute personne mérite d’être soutenue lorsqu’elle est touchée par une problématique sexuelle.

Des professionnel-les de la santé et des patient-es pourraient trouver qu’il n’est pas toujours facile de parler de sexe et de désir lors d’un rendez-vous médical. Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant le désir, il pourrait être utile de trouver un-e fournisseur(-euse) de soins de santé ayant une attitude positive à l’égard de la sexualité et de lui poser toutes vos questions sur la santé sexuelle lors de votre rendez-vous.

Quelle quantité de sexe les autres personnes ont-elles?

Fait intéressant, plusieurs recherches récentes démontrent que, malgré nos innombrables discussions sur le sexe ou ses représentations fréquentes dans les films et les émissions de télé, les jeunes ont moins de relations sexuelles qu’on pourrait le croire. Des chercheur(-euse)s et expert-es en matière de sexualité attribuent cette tendance à plusieurs facteurs, notamment que les personnes sont moins en couple, habitent plus longtemps avec leurs parents, passent plus de temps en ligne que dans des lieux physiques et ressentent de l’épuisement ou de l’anxiété face aux pressions croissantes de la vie moderne. Pour en savoir plus, lisez ceci.  

En revanche, un plus grand nombre de personnes savent ce qu’elles veulent et ce qu’elles méritent, grâce aux conversations sur le sexe qui sont de plus en plus ouvertes (y compris celles du mouvement #moiaussi). Ceci peut signifier que les personnes ont une idée plus claire du type de relations sexuelles qu’elles veulent vraiment. Cela pourrait se traduire par moins de sexe dans certains contextes – mais en général, il est possible que nous ayons plus souvent le type de relations sexuelles que nous voulons et qui nous satisfont réellement.  

En quoi consistent des relations sexuelles agréables?

Plusieurs personnes ont la préoccupation d’être bonnes au lit. Des articles de magazine comme « Les 100 meilleurs trucs sexuels » ou « 10 étapes clés pour satisfaire votre amant-e » démontrent que cette considération est omniprésente.  

Cela dit, les relations sexuelles agréables vont au-delà de la maîtrise d’un ensemble de trucs spécifiques. 

Tout commence dans nos têtes.

Notre cerveau est la raison pour laquelle nous ressentons du plaisir. Si on compare le sexe à une drogue, on remarque que c’est plutôt vrai. Le sexe a le même effet sur le cerveau que certaines drogues. Il peut stimuler la production de dopamine, une substance chimique qui procure cette sensation d’exubérance que tant d’entre nous recherchent. L’oxytocine est une autre hormone libérée pendant les relations sexuelles et d’autres activités intimes comme les câlins et les étreintes. Elle stimule le lien entre les individus et le sentiment d’intimité – cette impression de « bien-être » que l’on ressent après le sexe, lorsqu’on se sent plus proche de notre ou nos partenaire-s. 

Bref, le cerveau est l’organe qui traite toute l’information que nous recevons par le toucher, l’afflux sanguin et l’accélération du rythme cardiaque. Mais ce n’est pas tout. Plusieurs aspects clés d’une relation sexuelle agréable viennent de notre tête, et pas juste – comment dire – de notre doigté habile.

La science est claire quant aux ingrédients des relations sexuelles agréables. Cette étude convaincante de la revue Canadian Journal of Human Sexuality les identifie comme suit :

  • Communiquer pour rendre le sexe agréable : Selon l’étude, « une communication exceptionnelle et une empathie rehaussée sont cruciales à des relations sexuelles agréables ». Ceci ne veut pas dire simplement de parler de ce qu’on va manger pour souper ou du match de football. C’est plutôt s’imprégner de la personne partenaire et de ce à quoi elle pense – en l’écoutant vraiment. L’empathie est essentielle, car être ainsi à l’écoute de l’autre signifie qu’on se branche sur son expérience, qu’on la ressent et qu’on y fait écho, ce qui nous permet d’établir un meilleur lien.
  • Être dans le moment : Des relations sexuelles agréables exigent que nous soyons pleinement concentré-es et présent-es dans nos corps. « Savourer pleinement le moment présent semble être crucial à une sexualité optimale », révèle l’étude. Ceci nécessite que vous et votre partenaire soyez complètement présent-es l’un-e à l’autre. 
  • Est-ce vraiment vous? Ce point est très important. On ne soulignera jamais assez la valeur de l’authenticité dans le plaisir sexuel. Pour plusieurs d’entre nous, en particulier les femmes, le sexe peut devenir une sorte de performance plutôt que d’être une immersion totale dans notre plaisir et nos sensations. Nous sommes préoccupé-es par notre apparence et gêné-es de dire ce qui nous plaît, nous ne voulons pas imposer quelque chose à l’autre, nous voulons satisfaire et exciter nos partenaires, etc. Dans l’étude, les participant-es ont affirmé que savoir se libérer de l’embarras, des inhibitions et des restrictions est un facteur important pour avoir des relations sexuelles agréables.
  • Oser : Ceci est relié à l’importance d’être authentique. L’authenticité, c’est oser explorer ce qui pourrait vous intéresser sexuellement. Ça ne veut pas dire d’être coquin-e si cela ne vous ressemble pas. Ça ne veut pas dire d’essayer des choses qui ne nous intéressent pas, seulement pour être « aventureux(-se) ». Pour certaines personnes, oser signifie prendre plus de temps pour apprécier une activité sexuelle et profiter davantage du moment. La confiance est l’un des principaux ingrédients des relations sexuelles agréables. Essayer de nouvelles choses ou réaliser un fantasme implique de faire confiance à nos partenaires en leur confiant nos désirs intimes. On pourrait se sentir vulnérable en le faisant, mais ça pourrait nous rapprocher – ce qui est gagnant pour tout le monde. 
  • Consacrer du temps au sexe : Il pourrait sembler contraire à la logique de planifier nos relations sexuelles, mais cela peut réellement raviver notre vie sexuelle. Des études démontrent que le fait d’avoir plus de sexe conduit à des relations plus solides et plus respectueuses. Il est parfois difficile de faire en sorte que ça se produise quand on est fatigué-e, occupé-e ou surchargé-e. C’est alors que le sexe spontané devient plus rare et qu’on commence à se sentir déconnecté-es. Le fait de planifier un moment pour le sexe et d’y accorder la priorité peut aider à raviver la flamme. Plus nous avons du sexe, plus nous en voulons (si c’est le type de sexe qui est agréable pour toutes les personnes impliquées – mais cette règle pourrait ne pas s’appliquer si le sexe est insatisfaisant pour l’une d’elles). Lorsqu’on a des relations sexuelles plus fréquentes, il y a plus de démonstrations d’affection et d’intimité au quotidien. De plus, le sexe peut nous faire sentir bien et aimé-es, ce qui peut renforcer le lien entre les partenaires.
  • Accueillir le changement : Nous changeons, au cours de notre vie. Nos corps changent à cause de l’âge, d’accidents ou de maladies. Nos relations évoluent. Notre compréhension de notre genre et/ou de notre sexualité peut également changer. Il est important que cela ne devienne pas un obstacle. Plusieurs personnes auront le meilleur sexe de leurs vies en vieillissant et en apprenant à mieux connaître leurs corps, en comprenant mieux les relations de pouvoir entre elles et leurs partenaires et en étant généralement plus confiantes – des facteurs qui augmentent la satisfaction sexuelle. 

Toutes les personnes qui sont sexuelles (car plusieurs sont asexuel-les) méritent une vie sexuelle saine et agréable. 

Ceci ne signifie pas que les gens ont droit au sexe ou que quiconque nous doit du sexe, y compris nos partenaires – mais plutôt que notre sexualité mérite notre attention et que nos relations sexuelles méritent des efforts et du dévouement. La sexualité est un aspect naturel, normal, sain et agréable de la vie et de l’expérience humaine. Dans le contexte d’un acte, d’une activité ou d’une expérience d’ordre sexuel, ceci signifie se concentrer sur le consentement, le plaisir et le bien-être des personnes impliquées et/ou concernées. C’est aussi réfléchir aux obstacles à notre satisfaction et à notre bonheur personnel ainsi qu’aux manières de favoriser le bien-être de notre ou nos partenaire-s. Pour certain-es d’entre nous, cela pourrait impliquer d’être plus présent-es et authentiques dans nos vies sexuelles ou d’accorder plus de temps à une connexion sexuelle; pour d’autres, il pourrait s’agir d’être réellement à l’écoute de nos partenaires et de leurs désirs, de bâtir la confiance ou d’apprendre à mieux communiquer. Quoiqu’il en soit, il est vraiment utile de prendre le temps de réfléchir à tout cela. 

Réfléchir aux obstacles potentiels à une vie sexuelle satisfaisante

Apprendre à avoir des relations sexuelles qui sont plaisantes pour nous et nos partenaires est une démarche qui dure toute une vie. Il existe autant d’obstacles que d’ingrédients clés aux relations sexuelles agréables. Les questions suivantes peuvent nous aider à déterminer ce que nous aimons ou non de nos vies sexuelles, et ce que nous souhaitons améliorer.

Accès à l’information

A-t-on toute l’information nécessaire pour examiner nos pratiques et attitudes sexuelles? Des lectures sur le sexe et le plaisir peuvent nous aider à avoir une vie sexuelle plus satisfaisante, en nous mettant sur la piste de ce qui nous stresse ou de ce qui ne nous convient pas. Vous pouvez vous renseigner sur la sexualité en consultant des sites Web dignes de confiance sur la santé sexuelle (comme celui-ci), en vous inscrivant à des cours ou à des ateliers dans un centre de santé sexuelle reconnu, ou (selon votre lieu de résidence) en visitant une boutique érotique positive à l’égard de la sexualité. Souvent, ces boutiques offrent des livres et des ateliers ou emploient un personnel expérimenté qui saura répondre à vos questions sur la sexualité ou le sexe que vous avez (ou aimeriez avoir). 

Examiner votre attitude

Nous vivons dans un monde où nous sommes bombardé-es de messages contradictoires et souvent négatifs à propos du sexe. Le sexe est glorifié, mais en même temps couvert de honte.  

Considérant tout ce que nous voyons dans la culture populaire et les médias, il est facile d’intérioriser certaines valeurs par rapport à l’apparence que notre corps devrait avoir, quel type de sexe est désirable ou ne l’est pas, ce qui est considéré comme « indécent » ou « mal », etc. Prendre conscience de nos propres pensées et valeurs à l’égard du sexe est un excellent point de départ pour remplacer les pensées négatives par d’autres qui sont plus positives et plus exactes. 

Notre code moral en matière de sexe devrait se concentrer sur ce qui favorise notre bonheur et notre santé et ceux de nos partenaires. Ceci peut nous aider à éliminer nos sentiments de honte, de culpabilité ou de gêne, afin d’être plus authentiques dans nos vies sexuelles et d’avoir plus d’empathie envers nous-mêmes, nos partenaires et les gens en général. 

Est-ce que je vis de l’anxiété, de la peur ou un traumatisme?

Certaines personnes, en particulier celles qui ont vécu une agression sexuelle ou des événements traumatisants, peuvent éprouver de l’anxiété, de l’hésitation ou de la peur à l’idée d’avoir des relations sexuelles. D’autres pourraient avoir de grandes difficultés à commencer l’activité sexuelle si elles ont des antécédents de traumatismes ou à la reprendre après un événement traumatisant. De plus, il est normal de ressentir de la nervosité ou de l’anxiété à l’égard du sexe même si vous n’avez jamais vécu de traumatisme. 

Plusieurs d’entre nous ne reçoivent pas suffisamment d’information pour se sentir prêt-es à avoir des relations sexuelles. Nous sommes tellement peu renseigné-es sur tout ce que ça implique : comment initier une relation sexuelle, demander le consentement, établir nos limites, naviguer dans les relations, comment différents corps fonctionnent, comment nous serions censé-es agir et parler, etc. De plus, la peur de la grossesse ou des ITS nous est inculquée dès nos premiers cours d’éducation sexuelle (si nous en avons) ou par des parents ou adultes bienveillants qui veulent nous protéger. La culture populaire présente le fait de contracter une ITS comme quelque chose d’effrayant et de terrible, alors qu’en réalité c’est une expérience plutôt répandue. 

Si vous ressentez de l’anxiété ou de la nervosité par rapport au sexe, il pourrait vous être utile de discuter avec un-e intervenant-e en éducation à la sexualité, que l’on trouve souvent dans des centres locaux de santé sexuelle ou des établissements de santé publique. Les employé-es de ces organismes sont habituellement bien renseigné-es et sans préjugés. Si vous ne pouvez pas visiter un centre de santé sexuelle ou une boutique érotique, plusieurs seront heureux de répondre à vos questions par téléphone. 

Vous pouvez également téléphoner à notre Ligne d’accès 24 heures sur 24, au 1-888-642-2725, pour toute question sur le sexe ou la sexualité ou pour des références à des services près de chez vous. 

Si votre anxiété ou votre nervosité semble venir d’une expérience difficile ou traumatisante, ou encore d’une peur ou d’une aversion très forte à l’égard du sexe, il peut être utile de parler avec un-e conseiller(-ère) ou un-e thérapeute pour recevoir un soutien plus approfondi et à plus long terme. Pour plus d’information sur la thérapie sexuelle, vous pouvez communiquer avec l’Association des sexologues du Québec ou le Board of Examiners in Sex Therapy and Counselling in Ontario. Si vous habitez dans une autre province, renseignez-vous sur les options de counseling près de chez vous – plusieurs conseiller(-ère)s spécialisé-es en thérapie sexuelle peuvent vous aider à assimiler vos émotions face au sexe et à atteindre vos buts en matière de sexualité. 

Orgasmes

L’orgasme est souvent décrit comme étant le sommet ou le point culminant d’une expérience sexuelle, mais ce n’est pas toujours l’objectif du sexe. L’orgasme correspond au relâchement de la tension sexuelle pendant le cycle de la réponse sexuelle. Cela ressemble à des contractions musculaires rythmiques dans la région pelvienne, qui procurent habituellement un plaisir physique intense. 

Des personnes de tous les genres ont des orgasmes. Dans tous les cas, l’orgasme est contrôlé par le système nerveux autonome (ou involontaire). Il est souvent associé à d’autres actions involontaires comme des spasmes musculaires (p. ex., tremblements, sursauts) dans plusieurs régions du corps, une sensation d’euphorie générale ainsi que des mouvements et des vocalisations (p. ex., halètements, cris, gémissements). Après l’orgasme, les personnes se sentent souvent détendues. Ceci est dû à la libération d’hormones dans notre corps (des neurohormones comme l’oxytocine et la prolactine de même que des endorphines (ou « morphine endogène »)). L’orgasme est provoqué par la stimulation sexuelle pouvant résulter de la masturbation ou d’une relation sexuelle avec partenaire (pénétration, relation sexuelle sans pénétration ou autre activité sexuelle).

Pour les personnes qui ont un pénis, l’orgasme conduit souvent à l’éjaculation, c’est-à-dire à la sortie de sperme par le pénis. Ceci est généralement suivi d’un ramollissement graduel du pénis. La plupart des individus ont une « période de repos », après l’orgasme, pendant laquelle ils seront probablement incapables d’avoir une autre érection ou un autre orgasme (mais ce n’est pas toujours le cas). La durée de la période de repos peut varier de quelques minutes à quelques heures, selon la personne, son âge ou le contexte. 

Certaines personnes atteignent l’orgasme par la pénétration anale, à cause de la forte concentration de terminaisons nerveuses dans l’anus ou autour de celui-ci; ceci permet également de stimuler la prostate chez les personnes qui en ont une. 

Pour les personnes qui ont une vulve, la seule stimulation du vagin ou de l’anus (comme la pénétration par un pénis, des doigts ou des jouets sexuels) peut conduire à l’orgasme, mais pas pour tout le monde. La stimulation du point G (avec les doigts, un pénis ou un jouet sexuel) peut entraîner l’orgasme et, dans certains cas, l’éjaculation. Celle-ci prend la forme d’un liquide clair (différent de l’urine) qui jaillit de l’urètre.

Cela dit, la stimulation du clitoris est le moyen le plus répandu pour atteindre l’orgasme. On peut y arriver par le sexe oral, par la stimulation avec les doigts ou des jouets sexuels, ou par une combinaison de la stimulation du clitoris et de la pénétration vaginale ou anale. La stimulation du clitoris peut donner lieu à plusieurs orgasmes consécutifs. Cette expérience ressemble habituellement à une sensation de contractions rythmées dans la région pelvienne (une sorte de « pulsation » musculaire). 

À l’aide! J’ai du mal à atteindre l’orgasme (ou à donner un orgasme à mon ou ma partenaire)! 

Plusieurs choses peuvent empêcher l’orgasme. 

Notre capacité d’avoir un orgasme peut être limitée par des facteurs physiques ou physiologiques, comme une lésion de la moelle épinière, les effets de médicaments, la maladie ou nos taux d’hormones. Elle peut également être affectée par des situations ou facteurs d’ordre émotionnel comme des problèmes relationnels, une attitude négative par rapport à la sexualité ou à notre corps, la honte, le traumatisme, le stress, etc. 

Le fait de se sentir en sécurité et d’être détendu-e peut jouer un rôle important dans la capacité d’avoir un orgasme. Ceci inclut le sentiment d’être confortables avec nos partenaires ou d’être dans un lieu intime et sécuritaire lors des relations sexuelles ou de la masturbation.  

Notre capacité de communiquer avec notre ou nos partenaire-s peut favoriser le plaisir sexuel ou y nuire. Il arrive parfois que notre partenaire essaie de nous satisfaire, mais que cela ne fonctionne pas, ou vice-versa. Même si c’est difficile au début, nous pouvons développer la capacité d’exprimer ce que nous trouvons agréable ou pas. La masturbation est une autre excellente façon de comprendre ce qui est bon pour notre corps – ce qui peut nous aider à guider notre ou nos partenaire-s par la suite.  

Si vous ou votre partenaire avez des préoccupations concernant le plaisir sexuel et l’orgasme, vous pouvez en parler à votre professionnel-le de la santé ou à un-e sexologue. Il est également important de se rappeler que l’orgasme n’a pas toujours à être le principal objectif des relations sexuelles. Parfois, il peut être agréable d’avoir une relation sexuelle sans pression d’atteindre l’orgasme. Ce n’est pas toujours le « résultat final » qui compte; il faut aussi apprécier le processus qui y mène. Certaines personnes n’ont pas d’orgasmes (par exemple, à cause d’un handicap physique, d’une maladie ou d’une blessure), mais cela ne signifie pas qu’elles ne peuvent pas avoir des relations sexuelles agréables. Il est important d’adapter nos attentes et nos buts à nos circonstances particulières pour atteindre la satisfaction sexuelle. 

Mythes et réalités

Plusieurs mythes entourant l’orgasme peuvent mettre de la pression sur vous et votre/vos partenaire-s – c’est le temps de les rectifier! Voici quelques-uns des principaux mythes concernant l’orgasme : 

MYTHE : Un-e bon-ne amant-e est une personne douée pour donner un orgasme à son ou sa partenaire.

RÉALITÉ : L’orgasme ne peut pas être « donné » – on peut faire différentes choses agréables pour notre partenaire, mais l’orgasme dépend en partie de l’état physique et émotionnel et d’autres facteurs que nous ne contrôlons pas. Au-delà des techniques et des trucs, les personnes doivent être vraies et vulnérables l’une envers l’autre. Une personne peut être « douée », mais vous aurez quand même du mal à vous laisser aller si vous ne vous sentez pas en sécurité ou à l’aise avec elle. Les orgasmes et les relations sexuelles agréables sont une question de confort et de sentiment de sécurité; nous pouvons faire en sorte de favoriser ces conditions pour nous-mêmes et pour les personnes avec lesquelles nous avons des relations sexuelles. 

MYTHE : Le sexe a pour but que les deux partenaires atteignent l’orgasme en même temps.

RÉALITÉ : Un grand malentendu circule encore à propos des orgasmes simultanés (lorsque des personnes atteignent l’orgasme en même temps). Il est faux de penser que cette expérience est la norme. C’est une fausse idée véhiculée par une foule d’histoires romantiques et érotiques, par la pornographie et par la culture populaire. En conséquence, plusieurs personnes se sentent inadéquates et ont l’impression que quelque chose ne tourne par rond si elles n’atteignent pas l’orgasme en même temps – mais il n’y a rien de plus faux. 

En vérité, même si les orgasmes simultanés sont plaisants, ils sont difficiles à atteindre en particulier lorsqu’on est jeune ou (dans une relation hétérosexuelle) si les partenaires ne remettent pas en question la « norme » concernant ce à quoi le sexe ressemble (et croient donc que le « but » du sexe est l’éjaculation de l’homme).

L’orgasme au même moment (« venir ensemble ») est plus susceptible de se produire dans une relation proche et affectueuse, où les partenaires sont ensemble depuis des années et comprennent bien leur réponse sexuelle et celle de l’autre personne. Il nécessite également de comprendre les facteurs propices à un plus grand nombre d’orgasmes pour chaque partenaire, y compris les préambules, le sexe oral, la stimulation du clitoris pendant la pénétration, etc. 

MYTHE : Pour qu’une relation sexuelle soit bonne, il faut arriver à l’orgasme.

RÉALITÉ : Le plaisir et la satisfaction sexuelle sont des expériences différentes pour chaque personne. Il n’est pas nécessaire d’atteindre l’orgasme pour avoir du plaisir lors d’une relation sexuelle. L’expérience complète importe, pas seulement le « résultat final ».

MYTHE : Orgasme = plaisir.

RÉALITÉ : L’orgasme n’est pas toujours agréable. Par exemple, une personne pourrait avoir un orgasme en situation d’agression. Son corps pourrait réagir à la stimulation, mais cela ne signifie pas que l’expérience est plaisante. Pour en savoir plus à ce sujet, cliquez ici

MYTHE : Les hommes atteignent plus facilement l’orgasme que les femmes.

RÉALITÉ : Lisez la section sur « l’écart d’orgasme ».

Qu’est-ce que l’écart d’orgasme? Les hommes ont-ils plus d’orgasmes que les femmes?

Plusieurs mythes à propos du sexe finissent par s’inscrire dans le savoir populaire sans qu’on les remette en question. L’un de ces mythes est que les hommes (cisgenres) ont plus de facilité à atteindre l’orgasme, alors que c’est plus difficile et plus de travail pour les femmes (cisgenres). 

Plusieurs personnes affirment que c’est un fait – mais c’est un mythe! 
De nombreuses recherches ont porté sur la fréquence des orgasmes et sur « l’écart d’orgasme », c’est-à-dire la différence entre la fréquence à laquelle les femmes et les hommes atteignent l’orgasme. Une équipe de chercheur(-euse)s de l’Université Chapman et de l’Institut Kinsey a décidé de vérifier si cet écart est réel ou non. 

Les membres de l’équipe de recherche ont observé un réel écart dans la fréquence d’orgasme des hommes et des femmes. Mais celui-ci n’est absolument pas dû au fait que l’orgasme est plus facile à atteindre pour les hommes et plus de travail pour les femmes. La différence dans le nombre d’orgasmes qu’ont les individus est déterminée par le type de relation, le genre des partenaires et les types d’activités sexuelles pratiquées. 

Les femmes dans des relations lesbiennes atteignent l’orgasme beaucoup plus fréquemment que les femmes qui sont dans des relations hétérosexuelles. Ces observations remettent en question les stéréotypes et les présupposés selon lesquels les hommes ont naturellement plus d’orgasmes que les femmes parce que « c’est plus facile pour eux ». Tout dépend du type de relations sexuelles que nous avons. 

Donc, bonne nouvelle : si nos orgasmes ne nous amènent pas au septième ciel, il est possible de changer cela. Les relations sexuelles devraient être plaisantes pour toutes les personnes impliquées. 

Certaines attitudes et certains comportements semblent conduire à des orgasmes plus fréquents. Les chercheur(-euse)s ont constaté que le meilleur prédicteur de la fréquence d’orgasme chez la femme est la fréquence à laquelle elle reçoit du sexe oral. Les trois facteurs clés permettant de prédire un plus grand nombre d’orgasmes étaient : recevoir plus souvent du sexe oral lors des relations sexuelles, avoir des relations sexuelles qui durent plus longtemps et être plus heureuses en général dans la relation (ce qui revient à la confiance et à la vulnérabilité).

Plutôt que d’être découragé-es par l’écart d’orgasme dans les relations hétérosexuelles, il peut être utile de réfléchir à des façons de le réduire. Examiner les enjeux liés aux normes de genre et aux dynamiques de pouvoir dans nos relations peut être un bon point de départ. Partout autour de nous, notamment dans la culture populaire (ce qui inclut la pornographie grand public), le plaisir et les fantasmes de l’homme sont le centre de l’attention et la priorité. Le plaisir sexuel de la femme reçoit moins d’attention. De fait, nous voyons très rarement des représentations authentiques du plaisir féminin. 

Les rares images de femmes qui éprouvent du plaisir sont présentées comme une démonstration de la prouesse des gars et pour flatter leur égo, plutôt que comme une expérience importante en soi. Combien de fois arrive-t-il que l’homme vienne, dans les scènes sexuelles des films que vous regardez? La plupart du temps, n’est-ce pas? C’est souvent ce que nous considérons comme étant le « but » du sexe. 

Ces réflexions peuvent nous aider à identifier des manières de favoriser des relations sexuelles mutuellement satisfaisantes où les besoins de chaque partenaire sont pris en considération. Ceci pourrait impliquer d’examiner comment nous approchons le sexe avec un-e partenaire, ce à quoi nous croyons avoir droit (et ce à quoi nous voulons nous consacrer entièrement), comment montrer notre vulnérabilité (ou non), et comment faire en sorte que chaque personne ait du plaisir lorsque nous avons des relations sexuelles. Ça en vaut vraiment la peine!

La stimulation sexuelle et la réponse sexuelle concordent-elles toujours?

En ressentant du désir, on se sent parfois excité-e sexuellement. Par exemple, nous pouvons ressentir de l’excitation à propos d’une certaine personne, d’un moment avec une personne ou de quelque chose que nous regardons ou visionnons, comme des images érotiques ou pornographiques, ou encore lorsque nous rêvons de sexe ou y pensons. Lorsque ça se produit, il peut arriver que nous ressentions des sensations physiques très intenses de stimulation sexuelle (un afflux de sang dans nos organes génitaux, une sensibilité accrue au toucher, une érection, ou une sensation de moiteur ou de lubrification sur notre vulve ou notre pénis). Dans ce genre de situation, il se peut que nous pensions au sexe (y compris à la masturbation). Cependant, il est important de savoir que la stimulation et l’excitation sexuelles ne sont pas nécessairement toujours en harmonie; c’est ce qu’on appelle la non-concordance de l’excitation. 

La non-concordance de l’excitation signifie différentes choses. Il peut arriver que quelque chose de non sexuel cause une réponse d’excitation dans notre corps (par exemple, une érection), même si nous ne sommes pas excité-es sexuellement à ce moment précis et n’avons pas envie de sexe. Ceci peut arriver pendant un événement traumatisant, comme une agression sexuelle, et peut causer à une personne une grande honte par rapport à la réaction de son corps, même si c’est normal et que ça ne signifie pas qu’elle « désirait » ce qui se passait. Dans d’autres situations, ça peut signifier que nous avons envie de sexe, mais que notre corps n’en veut pas. Tout ceci peut nous causer de la confusion, car nous sommes inondé-es de messages qui nous disent à quel moment nous devrions être excité-es et par quoi. 

Il est bien de se rappeler qu’une personne dont le corps montre une réponse d’excitation n’a pas nécessairement envie de sexe. De la même façon, ne pas avoir de réponse d’excitation lorsque vous tentez de passer aux actes avec quelqu’un ne signifie pas que vous ne trouvez pas cette personne attirante ou « douée pour le sexe ». 

La bonne nouvelle est que, si vous avez envie de sexe mais que votre corps n’est pas excité, il existe plusieurs moyens de vous mettre dans l’ambiance et de donner à votre corps le temps de s’ajuster à ce que vous ressentez ou souhaitez. Voici des exemples de ces moyens : la lubrification (si votre corps ne s’en occupe pas par ses propres moyens), les préambules plus longs, les touchers érotiques, les baisers, les jeux avec des accessoires sexuels, la masturbation, et des façons de réduire la pression de « réussir » quoi que ce soit de particulier. Si vous avez de la difficulté à avoir une érection ou à demeurer en érection, vous pouvez lire plus d’information sur ce sujet ici.

Le manque de représentations du sexe et de l’érotisme pour les personnes qui ne sont pas cisgenres et hétérosexuelles

Les images, les photos et les vidéos de sexe et de situations érotiques, dans les médias et dans la culture populaire, montrent la plupart du temps seulement certains types de personnes et de relations. Ceci signifie que certain-es d’entre nous se reconnaissent dans le sexe, la romance et les relations que l’on voit à la télé, dans la pornographie et dans les magazines, mais que d’autres personnes ne voient rien qui leur ressemble vraiment.

Les personnes cisgenres, les personnes qui ont un physique particulier (minceur, peau blanche, corps musclé, capacités corporelles, jeunesse, ou autres caractéristiques) et qui sont hétérosexuelles peuvent se voir représentées, de même que leurs relations amoureuses et sexuelles, comme étant la norme et ce à quoi on peut s’attendre.

Le renforcement de cette « norme » affecte concrètement des personnes et des vies, car on s’attend en conséquence à ce que tous les enfants qui grandissent soient cisgenres et hétérosexuel-les. Il en résulte que l’éducation sexuelle ne parle que des besoins de santé des personnes cisgenres et hétérosexuelles. L’espace public est par conséquent plus sécuritaire et plus invitant pour certaines personnes et plus menaçant pour d’autres, qui peuvent être harcelées, fixées du regard et même agressées en raison de leur allure ou de la personne qu’elles embrassent ou dont elles tiennent la main en public. Cela signifie que plusieurs personnes ne voient pas des gens qui leur ressemblent évoluer dans des relations romantiques, dans les films et les médias, comme les annonces de mariages ou de fiançailles publiées dans les journaux, etc.

Bref, toute sexualité, tout intérêt sexuel, toute identité ou expression de genre qui n’est pas cisgenre et de type hétérosexuel devient quelque chose qui se trouve « dans le placard » et qu’il faudrait clarifier, dévoiler. Cela affecte la sexualité et le bien-être de tout le monde, car ce manque de représentation crée de petites boîtes auxquelles nous devrions tous et toutes nous conformer. Cela alimente un sentiment de honte, des attitudes d’intolérance et des gestes discriminatoires, en plus de rendre plus difficile pour plusieurs d’entre nous d’obtenir l’information et les soins de santé auxquels nous avons pourtant droit.

Que faire? Le type d’émissions de télé que nous regardons ou de musique que nous écoutons peut sembler sans importance, mais à long terme ça compte. Ce que nous voyons de manière répétée devient notre normalité, notre culture. Les habiletés de pensée critique et la littératie médiatique peuvent nous aider à saisir comment cette exclusion nous affecte et influence le monde autour de nous; cela nous aide également à résister aux messages qui nous sont transmis, et nous inspire parfois même à faire nos propres créations artistiques, à écrire nos histoires et à fonder nos propres médias. Cliquez ici pour en savoir plus sur la littératie médiatique.

Le manque de présence de personnes gaies, queer ou asexuelles ne se limite pas aux médias. Notre éducation sexuelle a également des problèmes en ce sens. Ceci signifie que plusieurs d’entre nous ne reçoivent pas l’information qui leur est nécessaire pour prendre des décisions importantes en lien avec leur santé.

Mais tout le monde a droit à une information et à une éducation sur la santé sexuelle qui a un sens et qui englobe sa vie réelle et ses besoins concrets. Pour plus d’information sur l’éducation complète en matière de sexualité, cliquez ici. 

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