Santé génésique

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La santé génésique est un aspect important de la santé globale d’une personne; c’est un état de bien-être physique, mental et social complet (et pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité) dans tout ce qui concerne le système reproducteur, ses fonctions et ses processus.

La section qui suit offre des informations sur de nombreux aspects de la santé génésique, du contrôle des naissances à la ménopause, en passant par la grossesse, la fondation d’une famille et plus encore. 

Menstruations et cycle menstruel

Les menstruations (souvent appelées « règles ») sont l’écoulement périodique de sang et de tissu muqueux de la paroi interne de l’utérus, par le vagin. Les premières règles surviennent habituellement entre 12 et 15 ans – c’est ce qu’on appelle la « ménarche ».

Les premières règles ont lieu généralement vers l’âge de 12 ou 13 ans, mais elles peuvent commencer dès 8 ou 9 ans ou plus tard, vers 15 ou 16 ans. À la puberté, lorsque le corps se développe, les ovaires commencent à libérer des hormones : l’œstrogène et la progestérone. Ces hormones stimulent l’épaississement de la paroi interne de l’utérus – le moyen par lequel notre corps se prépare à l’arrivée d’un ovule fécondé et à sa croissance (c’est-à-dire à la grossesse). S’il n’y a pas d’ovule fécondé, la muqueuse se décompose et saigne, et le cycle recommence.

Il faut habituellement environ un mois pour que la paroi se forme, puis se décompose. C’est pourquoi la plupart des personnes ont leurs règles environ une fois par mois.

Un seul ovule est habituellement libéré chaque mois, mais il y en a parfois plus d’un. L’ovule descend dans les trompes de Fallope jusqu’à l’utérus. C’est à ce moment que les hormones signalent à l’utérus de commencer à préparer sa paroi (l’endomètre), qui fournira à l’ovule fécondé des nutriments et un endroit pour devenir embryon. Lorsqu’il n’y a pas d’embryon à nourrir, la muqueuse (paroi) utérine finit par se détacher. Cette élimination, ce sont les règles – un mélange de pertes vaginales régulières et de sang. Le sang peut être de couleur brunâtre ou rouge vif, être épais ou clair, et se présente parfois en caillots. 

Le cycle menstruel comporte trois phases : 

Phase folliculaire (du 1er au 14e jour environ, le 1er jour correspondant au début des règles) :

Ces deux semaines commencent au début des saignements; elles incluent toute la durée des règles (généralement de 2 à 7 jours) puis environ une autre semaine, le temps que les ovaires se préparent à ovuler à nouveau. Les ovaires libèrent alors une hormone folliculostimulante (FSH) qui provoque l’apparition de bosses remplies de liquide, contenant chacune un ovule. Un de ces follicules prend habituellement de l’avance et arrive à maturité avant les autres, ce qui signifie que l’ovule est prêt à être libéré et dirigé vers les trompes de Fallope. Les autres follicules se rétracteront – mais si deux follicules ou plus arrivent à maturité en même temps, cela pourrait occasionner la libération de deux ovules ou plus. En cas de fécondation, il est alors possible que la personne devienne enceinte de jumeaux fraternels (mais les jumeaux identiques viennent, au contraire, d’un seul ovule fécondé qui s’est divisé en deux). Au cours de cette période, les hormones changent et l’œstrogène augmente, ce qui cause un épaississement de la paroi de l’utérus (endomètre) : votre corps y envoie plus de sang pour préparer une sorte de « nid », au cas où un ovule serait fécondé après sa sortie. 

Phase ovulatoire : 14e jour 

C’est à cette étape que l’ovule mature est libéré de l’ovaire pour migrer dans les trompes de Fallope et descendre vers l’utérus. Il entre d’abord dans les trompes de Fallope, où la fécondation est possible si des relations sexuelles vaginales avec pénétration et éjaculation se produisent à peu près au même moment. Sinon, l’ovule meurt après environ 24 heures. La grossesse survient le plus souvent le jour de l’ovulation ou dans les trois jours précédents, car l’ovule est présent pour être fécondé s’il rencontre des spermatozoïdes.

L’ovule survit de 12 à 48 heures. La personne peut être fertile jusqu’à sept jours, voire dix, car les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à cinq jours dans l’appareil reproducteur féminin. Cela dit, les chances de devenir enceinte à la limite de la période de fertilité sont très faibles.

Pour les personnes qui veulent devenir enceintes, il est recommandé d’avoir des relations sexuelles (ou d’injecter le sperme) un ou deux jours avant l’ovulation.

Phase lutéale : du 14e au 28e jour

Cette phase commence après la libération de l’ovule, lorsque l’hormone progestérone augmente. La progestérone conserve la paroi utérine épaisse, au cas où elle devrait servir d’environnement pour le développement d’un ovule fécondé. Celui-ci s’implantera dans cette paroi épaisse et recevra des nutriments qui lui permettront de continuer à grandir – c’est le début de la grossesse. Sans fécondation, le niveau de progestérone diminue, ce qui indique au corps qu’il peut évacuer la muqueuse de l’endomètre qui ne servira pas. C’est alors le temps de reprendre le cycle, en commençant par les règles.

Les règles sont différentes pour chaque personne, que ce soit en termes d’âge auquel elles commencent ou de volume (c’est-à-dire la quantité de sang qui s’écoule). Il est courant d’avoir des règles aux 28 jours environ, mais la fréquence et la prévisibilité des règles peuvent varier pour plusieurs raisons. Pendant les quelques premières années où une personne a ses règles, il se peut qu’elles ne soient pas régulières. Lorsqu’une personne approche de la ménopause, également, les règles peuvent devenir moins prévisibles et leur intervalle peut varier. La durée et la fréquence de nos règles peuvent aussi être affectées par la prise de contraceptifs hormonaux (p. ex., la pilule ou un système intra-utérin comme Mirena), la consommation de drogues, des troubles alimentaires, un entraînement physique intense et plusieurs autres facteurs qui modifient la chimie du corps. 

Il peut être utile de surveiller votre cycle pour commencer à comprendre ce qui est normal pour vous; il existe pour cela d’excellentes applications pour téléphones intelligents, mais un calendrier fonctionne très bien aussi.  

Suivi de votre cycle

Le suivi de votre cycle pour savoir ce qui est normal pour vous et pour comprendre comment votre cycle vous affecte est un aspect important de la santé et du bien-être sexuels. Plusieurs personnes suivent leur cycle lorsqu’elles essaient de devenir enceintes ou pour prévenir la grossesse, mais c’est aussi un excellent outil pour mieux connaître notre corps, remarquer (et même commencer à prévoir) les variations dans l’humeur, le niveau d’énergie et les pertes vaginales, et déceler d’éventuels problèmes de santé. 

Notez simplement la date de vos règles sur votre calendrier. Il peut être pratique de prévoir le moment où vous avez le plus de chances d’ovuler (environ 14 jours après le début des règles). Ainsi, si vous avez des relations sexuelles, vous serez conscient-e du moment le plus propice à la grossesse. Si vos règles s’accompagnent chaque mois de symptômes désagréables comme des migraines ou des crampes intenses, notez à quel moment ils se produisent. Ces informations peuvent être utiles si vous devez consulter un-e professionnel-le de la santé.

Syndrome prémenstruel ou SPM

Le syndrome prémenstruel (SPM) est une combinaison de symptômes que présentent de nombreuses personnes ayant des menstruations, environ une semaine ou deux avant leurs règles. Plus de 90 % des personnes ayant des règles ressentent des symptômes tels que des ballonnements, des maux de tête et des sautes d’humeur. Pour certaines, ces symptômes sont si sévères qu’elles doivent s’absenter du travail ou de l’école (voir le TDPM ou l’endométriose, ci-dessous), mais la plupart des personnes ont des symptômes légers. En moyenne, c’est dans la trentaine qu’on est plus susceptible d’être touché-e par le SPM. 

J’ai mal ¬– aidez-moi!

Les fluctuations hormonales causent divers symptômes normaux, mais il pourrait être temps de consulter un-e professionnel-le de la santé si ces symptômes émotionnels ou physiques interfèrent avec votre vie quotidienne. Il est normal de se sentir irritable, ballonné-e, grognon-ne ou triste dans les jours précédant ou suivant le début des règles. Certains médicaments en vente libre, comme l’ibuprofène ou le naproxène, peuvent aider à soulager les crampes. Mais si vos crampes et vos saignements sont si sévères ou douloureux que vous devez vous absenter souvent de l’école ou du travail, ou si vous vous sentez profondément déprimé-e à l’approche de vos règles, il est conseillé de consulter un-e médecin. Plusieurs de ces symptômes sont tout à fait normaux, mais certains problèmes de santé peuvent les aggraver, et des traitements peuvent aider à les réduire. Vous méritez de vous sentir bien!

Trouble dysphorique prémenstruel

Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est l’expérience de symptômes sévères de dépression, d’irritabilité et de tension avant le début des règles. Il est plus sévère que le syndrome prémenstruel, qui peut provoquer des sautes d’humeur. Dans le cas du TDPM, les variations de l’humeur sont nettement plus marquées et interfèrent avec la vie quotidienne. En général, les symptômes apparaissent de 5 à 11 jours avant le début des règles et disparaissent peu après le début de celles-ci. Des traitements sous forme d’antidépresseurs peuvent être prescrits pour aider à les soulager.

Syndrome des ovaires polykystiques

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est un trouble hormonal relativement fréquent chez les personnes qui ont un utérus, en particulier en âge de procréer. Bien que la cause exacte soit inconnue, les symptômes les plus fréquents incluent des règles irrégulières (peu fréquentes, sporadiques ou prolongées) et des niveaux élevés d’androgènes (souvent appelés « hormones masculines ») pouvant causer une plus grande pilosité du visage et du corps, l’acné ou la calvitie. En général, le SOPK cause une dilatation des ovaires, ce qui peut perturber leur fonctionnement. Le traitement dépend des symptômes et peut impliquer une combinaison de médicaments et de modifications des habitudes de vie. Le SOPK est parfois une cause d’infertilité, mais il ne signifie pas automatiquement que vous ne pouvez pas devenir enceinte. 

Endométriose

L’endométriose est un trouble médical douloureux dans lequel le tissu (endomètre) qui se forme habituellement dans l’utérus se développe à l’extérieur de celui-ci, dans les trompes de Fallope et parfois dans les parois internes du bassin ou ailleurs. Comme la muqueuse utérine, ce tissu s’épaissit, se décompose et saigne lors des menstruations. Mais à cause de son emplacement, il peut rester piégé et provoquer des douleurs ou la formation de tissu cicatriciel ou fibreux. Cela entraîne des règles douloureuses (qui peuvent inclure des douleurs lombaires ou abdominales) et peut causer des douleurs lors des relations sexuelles, des selles ou de la miction. L’endométriose peut parfois causer l’infertilité; certaines personnes peuvent découvrir qu’elles en sont atteintes lorsqu’elles essaient de devenir enceintes. Un-e prestataire de soins de santé compétent-e peut vous aider à gérer vos symptômes. Les traitements incluent l’utilisation de la pilule contraceptive ou d’analgésiques en vente libre pour soulager la douleur. En cas d’endométriose plus avancée, votre médecin pourrait recommander une hormonothérapie ou une chirurgie pour retirer le tissu cicatriciel (appelée excision). 

Chez les personnes qui cessent d’utiliser la contraception hormonale après l’avoir fait pendant la plupart de leurs années de fertilité, il arrive que ceci coïncide avec leurs premiers symptômes d’endométriose, comme des poussées de douleur à divers moments du cycle menstruel ou des ballonnements au bas du ventre. Si vous avez ces symptômes, il est important de consulter un-e prestataire de soins de santé qui pourra vous orienter vers un-e obstétricien-ne-gynécologue pour évaluer vos symptômes et pour discuter des traitements possibles, si nécessaire. 

Périménopause et ménopause

Périménopause 

La périménopause n’est pas un trouble de la reproduction – c’est le moment où une personne amorce la transition vers la ménopause. C’est à ce moment que les ovaires commencent à produire moins d’œstrogène – généralement dans la quarantaine mais cela peut aussi se produire dans la trentaine. La durée moyenne de la périménopause est de quatre ans, mais il arrive que cette étape ne dure que quelques mois ou continue dix ans. La périménopause se termine lorsqu’une personne n’a pas eu ses règles pendant 12 mois.

Pendant la périménopause, les personnes ressentent une gamme de symptômes comme des bouffées de chaleur, une sécheresse vaginale, des sautes d’humeur, de la fatigue, des difficultés à dormir et des règles irrégulières. Des règles autrefois régulières peuvent s’allonger ou se raccourcir, ou il peut s’écouler plus de temps entre elles. 

Même si l’expérience de la ménopause est différente pour chaque personne, les changements physiques, mentaux et émotionnels qui l’accompagnent peuvent être une source de frustrations et d’isolement. C’est pourquoi il est très important de prendre soin de soi pendant cette période. Pour certaines personnes, il s’agit de mettre l’accent sur la qualité du sommeil, l’exercice et la gestion du stress. Pour d’autres, cela passe plutôt par des changements alimentaires, une thérapie hormonale de substitution ou des antidépresseurs. Pour toutes, le maintien d’une communication ouverte avec la famille, les ami-es et des fournisseur(-euse)s de soins de santé permet de déterminer ce qui est le plus utile pendant cette transition importante.

Ménopause

La ménopause est le moment où vos règles disparaissent définitivement et où vous ne pouvez plus devenir enceinte. Après la ménopause, votre corps réduit grandement sa production d’œstrogène et de progestérone. Des niveaux d’œstrogène très faibles après la ménopause peuvent affecter la santé et s’accompagner de symptômes comme des bouffées de chaleur, ce qui peut donner lieu à des changements aux habitudes de vie pour atténuer les symptômes et maintenir la santé et le bien-être – notamment l’introduction de tests de routine importants. La liste des symptômes peut paraître décourageante, mais certains changements physiques liés à la baisse des hormones féminines peuvent être bienvenus (p. ex., décroissance des fibromes, disparition des maux de tête hormonaux et du SPM) et les changements émotionnels et sociaux peuvent être énergisants. 

Choisir une méthode contraceptive

Choisir une méthode contraceptive

Les gens ont recours à la contraception pour diverses raisons. Il n’y a pas de raison « meilleure » qu’une autre. Même si le principal objectif de la contraception est de prévenir la grossesse, plusieurs personnes l’utilisent pour d’autres raisons. Par exemple, certaines méthodes contraceptives hormonales peuvent aider à régulariser les règles, à traiter les troubles de l’humeur associés au cycle menstruel, à réduire l’acné et à atténuer la douleur liée à l’endométriose. D’autres méthodes peuvent supprimer les règles, ce qui peut être utile en cas de dysphorie de genre (terme désignant les divers sentiments que l’on peut éprouver si notre genre est différent de notre sexe assigné à la naissance ou du genre auquel les gens supposent que l’on s’identifie). Certaines personnes vivent une dysphorie associée à leurs menstruations, selon leur identité de genre. 

Test de grossesse positif : vos options

Des personnes deviennent enceintes à différents âges et stades de leurs vies. Chaque personne est différente, vit des circonstances différentes et veut des choses différentes. Il est possible que vous trouviez difficile de décider quoi faire dans une telle situation. Vous pouvez trouver plus d'informations sur vos trois options : l'avortement, l'adoption et la parentalité ici.

L’information qui suit s’adresse aux personnes enceintes, mais elle peut également aider à soutenir un-e partenaire, un-e ami-e ou un-e membre de la famille qui est enceinte. L’un des plus grands prédicteurs de la satisfaction d’une personne par rapport à son choix, quel qu’il soit, est le fait de recevoir du soutien émotionnel de la part de sa famille, de ses ami-es et/ou de son/sa/ses partenaire(s).

Aucune des trois options n’est meilleure que les autres. Chaque personne doit prendre la décision qui lui convient. Si vous avez des sentiments mixtes par rapport à votre grossesse et aux choix possibles, vous pourriez trouver difficile de prendre une décision. Il est utile de connaître vos sentiments, de les nommer et de les examiner. Vous pourriez trouver utile d’imaginer comment vous vous sentiriez de vous faire avorter, de planifier une adoption ou de devenir parent, et pour quelles raisons.

Plusieurs personnes continuent d’avoir des sentiments conflictuels par rapport à chaque choix. Vous pourriez avoir l’impression que votre décision ne sera pas idéale quelle qu’elle soit. Nous pouvons prendre ce que nous savons être la meilleure décision pour nous, mais ressentir quand même de la tristesse, de la colère ou de la peur face à certains aspects de cette décision. Il est naturel pour plusieurs d’entre nous de continuer à hésiter. Si vous n’arrivez pas à trancher, vous avez peut-être besoin d’information supplémentaire sur vos choix, ou d’une conversation avec une personne digne de confiance – pas pour qu’elle décide à votre place, mais pour qu’elle vous aide à considérer les facteurs qui vous permettront de choisir la meilleure option pour vous, dans votre vie et votre situation.

Je n’arrive pas à me décider! À qui puis-je parler?

Il peut être utile d’évaluer vos options en parlant à des personnes dignes de confiance, comme un-e membre de votre famille, un-e ami-e ou un-e partenaire. Toutefois, on n’a pas toujours ce genre de soutien, et certaines personnes peuvent avoir besoin d’une aide plus grande. Tout le monde mérite cette assistance! Le counseling sur les options de grossesse peut être une excellente ressource; il est offert gratuitement dans de nombreux endroits et par téléphone. Pour communiquer avec un-e conseiller(-ère) expérimenté-e, téléphonez à notre Ligne d’accès au 1-888-642-2725.

Planifier une famille, fonder une famille et choisir sa famille

Planifier une famille ne se limite pas au choix d’avoir des enfants ou pas. C’est aussi la question de savoir avec qui nous voulons fonder une famille, comment espacer nos enfants (si nous en avons ou en voulons), à quel endroit et de quelle façon nous souhaitons les élever, et plus encore. Les familles prennent diverses formes, qui méritent toutes d’être respectées et reconnues. 

Les familles sont d’une variété infinie : familles biologiques, familles nucléaires, familles adoptives, familles dont les parents sont de même sexe, familles queer, familles polyamoureuses, familles reconstituées, familles mixtes, familles qui ont des relations de coparentalité avec plusieurs personnes, familles d’accueil, familles élargies, familles immédiates, familles monoparentales, familles sans enfant, familles à cohabitation multigénérationnelle, familles divorcées, et plus encore. Nous pouvons créer nos familles par l’adoption, les familles d’accueil, les technologies de reproduction assistée, les donneurs de sperme et/ou donneuses d’ovules, les parents de substitution, la cohabitation, en choisissant des ami-es de la famille qui en deviennent membres, en prenant soin les un-es des autres, etc. 

Malgré cela, pratiquement toutes les représentations de familles que nous voyons dans les médias et dans les livres (y compris les livres pour enfants) sont des familles avec deux parents hétérosexuels. Il est important que les fournisseur(-euse)s de soins de santé, les médias, les auteur-es, les artistes, les éducateur(-trice)s et les décideur(-euse)s politiques combattent ce manque de représentation, car toutes les familles méritent d’être vues, respectées et célébrées. 

Coercition reproductive : une forme de violence au sein d’une relation intime

Alors que de nombreuses personnes prennent d’importantes décisions à savoir si elles souhaitent devenir enceintes ou fonder une famille, et à quel moment, d’autres voient leurs choix limités par leurs partenaires ou par des membres de leur famille, pour ce qui est de décider de devenir enceinte ou non, ou de poursuivre ou non une grossesse. La coercition reproductive est une forme de violence au sein d’une relation intime, où l’un-e des partenaires se sert d’aspects de la santé génésique de l’autre personne (comme l’utilisation de méthodes contraceptives et la grossesse) pour maintenir le pouvoir, le contrôle et la domination sur elle. Les formes de coercition reproductive les plus répandues incluent le sabotage des moyens de contraception, la coercition liée à la grossesse et les pressions liées à la grossesse.

Le sabotage des moyens de contraception est l’interférence active avec la méthode contraceptive d’un-e partenaire afin de provoquer une grossesse. Par exemple : cacher, retenir ou détruire des contraceptifs oraux; briser ou percer par exprès un condom ou le retirer pendant une relation sexuelle sans le consentement de l’autre partenaire (aussi appelé « retrait secret du condom » ou « stealthing »); ne pas se retirer alors que ceci était la méthode contraceptive convenue; et retirer un anneau vaginal, un timbre contraceptif ou un dispositif intra-utérin (DIU). Une vaste étude réalisée aux États-Unis a révélé qu’une femme sur sept âgée de 16 à 29 ans avait été la cible d’un sabotage de ses moyens de contraception au cours de sa vie, qu’une sur cinq avait subi des pressions d’un-e partenaire pour devenir enceinte, et qu’une femme sur trois ayant vécu de la violence au sein d’une relation intime avait aussi subi de la coercition reproductive. Des expériences de coercition reproductive ont également été signalées par une personne sur huit n’ayant pas vécu d’autres formes de violence relationnelle, ce qui signifie qu’elles se produisent dans des relations qui ne semblent autrement pas violentes.

Les pressions liées à la grossesse signifient faire pression pour qu’un-e partenaire devienne enceinte, et ce contre son gré. Elle implique des comportements coercitifs comme des relations sexuelles forcées (agression sexuelle et viol), des menaces ou des actes violents à l’endroit d’un-e partenaire qui ne suit pas la volonté de la personne qui fait pression pour interrompre ou poursuivre une grossesse. Voici quelques exemples de pression et de coercition liées à la grossesse : menacer de blesser un-e partenaire qui n’accepte pas de devenir enceinte; forcer un-e partenaire à mener à terme une grossesse contre son gré par des menaces ou des actes violents; forcer un-e partenaire à mettre fin contre son gré à une grossesse; ou blesser un-e partenaire de manière à provoquer une fausse couche.

La coercition reproductive ne concerne pas seulement les partenaires; elle peut aussi être exercée par la famille. Par exemple, des jeunes qui vivent une grossesse non planifiée peuvent être poussé-es par des membres de leur famille à prendre certaines décisions concernant la poursuite ou l’interruption de leur grossesse. Il est normal de discuter de sujets comme la grossesse ou les objectifs familiaux dans le cadre de nos familles et de nos relations, et il est même tout à fait normal que les gens aient différents désirs et objectifs – mais il n’est jamais correct de faire pression sur une personne pour qu’elle poursuive une grossesse ou y mette fin contre son gré, ou de saboter son moyen de contraception. Nous avons tous et toutes le droit à nos propres décisions en ce qui concerne nos corps et notre reproduction, même si ces choix ne correspondent pas à ceux de nos partenaires, de nos pair-es ou de nos familles. 

Tentatives de conception, infertilité et infécondité involontaire

Les tentatives de conception, l’infertilité ou l’infécondité involontaire sont des enjeux de santé génésique qui peuvent avoir un impact considérable sur notre santé mentale et notre bien-être. Nous méritons tous et toutes le soutien de nos êtres aimés, de notre communauté et de notre équipe de soins de santé lorsque nous rencontrons l’un ou l’autre de ces défis.
Si vous tentez de devenir enceinte, de nombreuses ressources peuvent vous renseigner sur les meilleurs moments pour concevoir, les technologies médicales d’aide à la grossesse, les soutiens offerts aux familles LGBTQ2S+ (lesbiennes, gais, bisexuel-les, trans, queer, bispirituel-les et autres), la période à laquelle l’âge commence à affecter la fertilité, le moment où vous devriez demander de l’aide si vous tentez de concevoir depuis un certain temps, etc.

Pour certaines personnes, la conception sera sans difficulté, mais pour d’autres elle pourrait prendre plus de temps ou être plus compliquée que prévu. Celles et ceux d’entre nous qui ont des difficultés à concevoir peuvent se sentir isolé-es et avoir l’impression d’être les seul-es dans cette situation. 

Il est important de parler avec des ami-es et des proches dignes de confiance de même qu’avec votre équipe de soins de santé, afin d’obtenir le soutien dont vous avez besoin pour assimiler de grandes quantités d’informations médicales, naviguer dans des systèmes médicaux comme les cliniques de fertilité et composer avec l’anticipation et le stress que cet important événement de la vie peut entraîner.

L’infertilité est plus répandue qu’on le croit – malgré les messages reçus dans notre jeunesse, qui suggéraient qu’il était très facile de devenir enceinte « accidentellement » (ce qui est vrai pour certaines personnes, mais pas pour d’autres). Au Canada, une personne sur six qui désire être enceinte rencontre des problèmes d’infertilité au moment de concevoir son premier enfant ou après une grossesse réussie (« infertilité secondaire »). L’infertilité secondaire concerne les parents qui n’arrivent pas à concevoir après 12 mois d’essai ou qui vivent des fausses couches à répétition.

Si vous avez des problèmes de fertilité, il existe des options et de l’aide médicale. Il est important de demander du soutien pour l’aspect médical de l’infertilité, mais également pour ses possibles impacts émotionnels. Le besoin d’ajuster nos attentes de vie peut susciter des sentiments de deuil et de tristesse. De la même façon, les traitements de fertilité peuvent soumettre nos corps, nos esprits et nos relations à un stress important. L’expression de ce qui nous stresse peut nous permettre de découvrir d’autres personnes qui ont vécu la même expérience, ce qui peut être réconfortant.

Plusieurs d’entre nous surmonteront leurs défis de fertilité grâce aux traitements, mais d’autres seront confronté-es à l’infécondité involontaire. Les informations sur ce sujet sont rares; ce manque d’information peut conduire à un manque de soutien social pour celles et ceux qui vivent cette situation. Il est plus difficile de composer avec des problèmes de santé physique et mentale (comme l’anxiété et la dépression pouvant s’associer au deuil) lorsqu’on ne reçoit pas le soutien nécessaire. Si vous vivez une infécondité involontaire, sachez que vous n’êtes pas seul-e; vous méritez du soutien et des soins pour cet enjeu sérieux. Votre équipe de soins de santé peut jouer un rôle actif pour que vous receviez l’attention dont vous avez besoin.

Perte de grossesse (fausse couche)

La fausse couche est chose courante : elle touche approximativement 15 à 20 % des grossesses, la plupart du temps au cours des huit premières semaines. On ne connaît généralement pas sa cause. Vous pourriez avoir tendance à vous sentir coupable après une fausse couche, mais il faut vous rappeler que ce n’est pas votre faute. 

Pendant la grossesse, il est important de prendre au sérieux tout saignement vaginal et de demander une assistance médicale si cela vous arrive. Approximativement 20 % des personnes enceintes auront des saignements vaginaux avant la 20e semaine de grossesse, et environ la moitié de ces grossesses poursuivront leur cours sans autre trouble. Mais des saignements peuvent parfois être le signe d’une fausse couche. Si vous avez des saignements pendant votre grossesse, une aide médicale est nécessaire pour surveiller la situation, et pour gérer la fausse couche si cela se produit. 

La fausse couche est une expérience répandue, mais on n’en parle pas assez. Plusieurs personnes se sentent très seules dans cette expérience de vie. Elle peut également entraîner des changements dans nos relations, alors que nous modifions nos attentes concernant la fondation d’une famille ou que nous vivons le deuil d’une grossesse qui était commencée. Certain-es d’entre nous ressentent un deuil profond, à la perte d’une grossesse désirée, et peuvent mettre un certain temps à s’en rétablir. Les personnes que vous aimez, les membres de votre communauté ainsi que votre équipe de soins médicaux peuvent tous être des sources de soutien si cela vous arrive.
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Mortinatalité et décès du nouveau-né

C’est rare, mais certaines personnes peuvent perdre leur bébé à un stade plus avancé de la grossesse. De plus, certains bébés naissent trop tôt, ou encore avec une maladie sérieuse ou des problèmes que l’équipe de soins de santé n’avait pas prévus. Dans ces rares cas, certains bébés meurent en stade avancé de grossesse, peu avant de naître, ou pendant l’accouchement ou peu après.

Accoucher d’un mort-né ou perdre un nouveau-né est un événement dévastateur qui nécessite des soins empreints de compassion. La mortinatalité et la perte d’un nouveau-né n’entraînent pas seulement un deuil, mais elles peuvent également provoquer des changements dans nos relations alors que nous tentons de comprendre notre souffrance. Le Pregnancy and Infant Loss Network offre des ressources utiles aux personnes qui vivent la perte d’un nouveau-né et le deuil qui s’y rattache. Son site Web inclut une section pour les intervenant-es en soins de santé, afin de les aider à offrir des soins appropriés et compatissants aux personnes touchées. 

Si vous avez vécu une fausse couche, une mortinatalité ou la perte d’un nouveau-né, il existe des groupes de deuil dans plusieurs régions (et des groupes virtuels) pour rencontrer d’autres personnes et parler ouvertement de votre expérience. Cela peut aider certaines personnes dans leur démarche, même s’il n’existe pas de manière optimale de vivre un deuil. Une recherche en ligne (« groupes de soutien locaux pour la perte d’une grossesse et d’un nouveau-né ») vous permettra de trouver de tels groupes.

Soins de grossesse et prénatals

Si vous choisissez de poursuivre une grossesse, les soins prénatals sont une partie importante de votre santé et de votre grossesse. Les soins de grossesse englobent les soins de santé prénatals (avant la naissance) et postnatals (après la naissance) pour les personnes enceintes. Ils consistent en des informations importantes, divers tests ainsi que des traitements et des soins pour réduire les risques de la grossesse et pour augmenter la probabilité d’accouchement sain et sûr. Des visites prénatales périodiques peuvent aider les professionnel-les de la santé à examiner le déroulement de la grossesse et à déceler toute complication ou tout problème avant que cela ne devienne plus sérieux.

Une grande partie de l’information sur la grossesse concerne les soins prénatals, mais les soins post-partum sont aussi très importants. Le post-partum dure entre six et huit semaines, à partir de la naissance du bébé. Pendant cette période, la personne qui vient d’accoucher vivra plusieurs changements physiques et émotionnels en même temps qu’elle apprend à prendre soin de son nouveau-né et qu’elle manque de sommeil. Les soins post-partum consistent à surveiller notre santé post-partum afin d’identifier toute complication possible du travail et de l’accouchement, à se reposer adéquatement, à bien se nourrir et à recevoir du soutien en matière d’allaitement si nécessaire, et des soins pour le vagin et pour la santé mentale, au besoin. 

Violence obstétricale

L’expression « violence obstétricale » fait référence aux mauvais traitements et à la maltraitance que vivent certaines personnes dans le cadre des soins de santé génésique, généralement dans le processus d’accouchement. La violence obstétricale peut inclure des interventions ou traitements médicaux sans le consentement de la personne (p. ex., l’épisiotomie ou l’utilisation d’instruments comme les forceps), la stérilisation forcée, la césarienne non consensuelle, le refus de donner des soins (et des médicaments pour gérer la douleur), le blâme et la stigmatisation de la part de professionnel-les des soins, la menace de faire appel au système de bien-être de l’enfance (en particulier pour ce qui concerne des femmes autochtones ou racisées qui se voient plus souvent que d’autres retirer la garde de leurs enfants), ou encore une violence évidente lors du travail d’accouchement (violence physique, humiliation verbale et harcèlement, agression sexuelle ou examens vaginaux coercitifs). La violence obstétricale peut avoir des conséquences dévastatrices; elle peut causer des complications de santé, une détresse psychologique sévère, des traumatismes et, dans certains cas, le décès dû à la négligence.

Bien que les soins de santé génésique constituent généralement une expérience positive et affirmative, plusieurs personnes sont maltraitées dans le cadre de leurs soins d’accouchement et post-partum – c’est une réalité qui est de plus en plus reconnue et dont on parle plus qu’avant. C’est particulièrement le cas des personnes touchées par le racisme, le colonialisme et la pauvreté, de même que des personnes qui consomment des substances. La maltraitance est souvent due à des stéréotypes trompeurs à propos des personnes qui font de « bons parents » et des personnes considérées comme ayant les connaissances et compétences adéquates.

Les intervenant-es de soutien à la naissance, y compris les doulas et les sages-femmes, peuvent apporter une excellente aide pour atténuer les expériences possibles de violence dans le cadre des soins génésiques. Malheureusement, les doulas et les sages-femmes ne sont pas toujours accessibles, à cause de politiques qui restreignent les soins et services de ces intervenantes, de même que de coûts trop élevés pour certaines personnes. Par ailleurs, tout le monde ne choisit pas d’avoir une doula ou une sage-femme dans son équipe d’accouchement.

Pour plus d’informations sur la violence obstétricale, consultez la page de l’Obstetric Justice Project, une initiative de plaidoyer pour les patient-es, qui relate des cas de maltraitance et d’abus dans les soins de santé génésique au Canada.
 

Mortalité maternelle

La mortalité maternelle est faible, au Canada, grâce à l’accès à des soins de santé de qualité. Toutefois, une légère augmentation s’est produite au cours des dernières années, de 6 décès par 100 000 en 1990 à 12 par 100 000 en 2010. Ceci est probablement dû à une augmentation du nombre de césariennes, de naissances par FIV, de conditions de santé préexistantes et de personnes qui choisissent de poursuivre une grossesse à un âge plus avancé. 

Les personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC) du Canada ont un taux disproportionné de mortalité maternelle en raison d’inégalités et de racisme structurel au sein du système de santé. Les facteurs en cause incluent des troubles médicaux qui affectent davantage ces populations vu le manque d’accès à des soins de santé préventifs, un stress chronique lié au racisme et des forces structurelles comme l’emplacement des épiceries et la disponibilité d’aliments nutritifs. D’autres facteurs concernent l’accès aux soins de santé et la possibilité que certaines PANDC les évitent à cause d’expériences antérieures de stigmatisation ou de racisme. En outre, de récentes recherches ont mis en relief le traitement différentiel des PANDC dans les établissements de santé et le fait que plusieurs fournisseur(-euse)s de soins de santé n’ont pas reçu de formation pour remettre en question leurs propres présupposés ou ne reconnaissent pas les différentes manifestations des symptômes d’une personne à l’autre. 

Votre équipe de naissance (p. ex., votre obstétricien-ne-gynécologue, sage-femme, doula, etc.) peut répondre à vos questions, vous expliquer à quoi vous attendre lors de l’accouchement et vous aider à trouver des stratégies pour gérer votre anxiété. 

Pour plus d’informations sur les causes de l’impact disproportionné de la mortalité maternelle sur les communautés noires, lisez ce rapport de l’Université Harvard