Mois de l’histoire des Noirs : le racisme anti-Noirs est un enjeu de SDSG

Au cours du mois de février, nous publierons des articles sur les liens entre le racisme anti-Noirs, la violence policière et la santé sexuelle. Nous mettrons en relief les lacunes du mouvement pour la santé et les droits sexuels et génésiques (SDSG) en ce qui concerne l’injustice et l’éradication des systèmes de racisme, de colonialisme et de suprématie blanche qui ont façonné la SDSG et qui continuent de le faire. Nous célébrons les femmes noires ainsi que les personnes noires trans et non binaires qui ont lutté et luttent encore pour la justice et la liberté reproductives, et nous sommes à leur écoute. Mais le mois de février n’est pas assez – nous devons reconnaître les contributions des personnes noires dans le passé, le présent et l’avenir. Pour ce faire, nous devons amplifier le message des leaders noir-es jour après jour et mois après mois, car la lutte se poursuit.

Qu’est-ce que la justice reproductive?

La justice reproductive est la capacité de toute personne à vivre et à élever ses enfants dans une communauté sécuritaire et durable – et nous devons cette compréhension à des sommités noires comme les 12 femmes noires qui ont inventé le terme en 1994, de même que Loretta Ross, Kimberley Crenshaw, Robyn Maynard et Tamika Mallory, pour n’en nommer que quelques-unes. Tout le monde a le droit de vivre sans violence, discrimination, ni coercition. Les droits sexuels et génésiques recoupent le droit de vivre à l'abri du racisme et de la discrimination, et ont un lien de renforcement mutuel avec ce droit.

Alors que nous travaillons à créer un monde où chaque personne peut exercer son droit à la santé sexuelle et génésique, nous devons faire preuve d’introspection et contribuer nous-mêmes à démanteler la suprématie blanche dans notre organisme et notre secteur. Nous nous engageons à répondre aux formes de discrimination multiples et entrecroisées, à lutter contre celles-ci et à collaborer avec les groupes, communautés et mouvements qui sont opprimés ou traditionnellement ciblés par la discrimination.

 

Le mouvement antiracisme et la SDSG

La santé sexuelle a un long historique de racisme, de colonialisme et d’eugénisme basé sur la suprématie blanche.

La première pilule contraceptive a été mise au point à l’aide d’essais cliniques menés sur des femmes portoricaines à leur insu. La stérilisation forcée des Autochtones et des personnes handicapées était pratique courante au Canada, et se poursuit aujourd’hui. Certains des principaux fondateurs du mouvement pour la santé sexuelle et génésique étaient explicitement racistes et prônaient l’utilisation du contrôle démographique pour éradiquer les Noir-es, les Autochtones et les personnes de couleur. Cela crée des traumatismes durables, qui déterminent quelles personnes se sentent en sécurité d’accéder aux soins de santé, sont représentées dans le mouvement pour la SDSG, et plus encore.

Le racisme en matière de santé sexuelle n’est pas une chose du passé.

Le nombre de décès liés à la grossesse et les taux de mortalité maternelle sont considérablement plus élevés chez les mères noires. La stérilisation forcée continue d’être pratiquée sur des personnes autochtones, noires et de couleur (PANDC). La douleur est sous-traitée de manière chronique chez les patient-es noir-es. Les enfants de familles racisées et autochtones sont appréhendés de manière disproportionnée par les organismes de protection de l’enfance. Les lois criminalisant le non-dévoilement du VIH sont le plus souvent utilisées à l’encontre de membres de communautés noires et racisées. La promotion des contraceptifs réversibles à longue durée d’action, comme le dispositif intra-utérin, cible souvent de manière excessive les personnes noires. Le mouvement pour la santé sexuelle est lui-même encore largement dominé par des Blanc-hes, ce qui soulève des questions comme « Qui est représenté dans ce travail? » et « Qui peut se sentir en sécurité d’aller chez le médecin? ».

La brutalité policière et la surveillance excessive des communautés noires sont un enjeu de santé sexuelle.

Une approche de la santé sexuelle fondée sur la justice reproductive implique de s’assurer que les gens ont ce qu’il leur faut pour s’épanouir au sein de leurs communautés. Vivre avec le stress et le traumatisme chroniques du racisme et être témoin et victime de violence laisse des traces tant au palier communautaire que dans le système nerveux. Les forces de l’ordre sont régulièrement présentes dans les établissements de soins de santé, et les professionnel-les de la santé ont souvent un devoir de signalement à des autorités provinciales ou fédérales. La police répond fréquemment aux côtés des ambulanciers aux appels d’urgence et aux crises de santé mentale, ce qui crée des situations non sécuritaires pour les personnes, familles et communautés noires. La présence de la police dans le milieu de la santé conduit à des utilisations injustes de la force et à la mort de nombreuses personnes autochtones, noires et de couleur, ce qui réduit les chances que des membres de ces communautés fassent confiance aux professionnel-les de la santé et demandent des soins lorsqu’ils en ont besoin.

 

Adopter une approche antiraciste en SDSG, c’est éviter la politique à enjeu unique.

Vous avez déjà entendu l’expression « Est-ce qu’on peut se concentrer sur les vrais enjeux? »? Prendre la santé sexuelle au sérieux, c’est prendre au sérieux l’oppression systémique. La doctrine anti-Noirs et les autres formes de racisme, de colonialisme, de classisme, de capacitisme, de transphobie et d’homophobie déterminent notre accès aux éléments dont nous avons besoin pour être en bonne santé (comme l’éducation, la nourriture, l’eau, l’autodétermination, etc.). Les expériences de racisme et de misogynie dans le système de la santé augmentent la probabilité que le recours aux soins de santé sexuelle soit retardé jusqu’à ce qu’il y ait urgence. Et le déversement de déchets toxiques dans les systèmes d’alimentation et d’eau près du milieu de vie de communautés autochtones, racisées et à faible revenu se traduit par la présence de toxines dans le lait maternel. Ce ne sont pas des distractions des enjeux de SDSG – ce sont des enjeux de SDSG.

Qu’en est-il des droits humains?

Les droits humains et les droits sexuels constituent un cadre important. Or les personnes ne sont pas toutes égales dans la reconnaissance de leurs droits sexuels. Les violations de droits sexuels touchent le plus souvent des femmes et des personnes trans et non binaires autochtones, noires et de couleur. Les droits humains existent dans un monde où règne l’injustice; c’est pourquoi nous devons travailler quotidiennement à assurer le respect, la protection et la réalisation des droits humains de tou-te-s.

Où puis-je trouver plus d’informations?

Suivez les activités d’organismes et de personnes qui travaillent à l’intersection du mouvement antiraciste et de la SDSG. Nous vous encourageons également à soutenir leur travail par des dons :

Nuance

Native Youth Sexual Health Network

YouthCO

SisterSong

Doctors for Defunding the Police

The Obstetric Justice Project

Women's Health In Women's Hands

Black Physicians of Canada

Black Experiences in Health Care Symposium 2020 — Health Commons Solutions Lab

Angela Robertson

Camille Orridge

Posté sur 2021-02-04
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