Mythes à propos de l’éducation à la sexualité

Mythe : L’éducation à la sexualité incite les enfants à des relations sexuelles précoces et à la prise de risques sexuels

Mythe : L’éducation à la sexualité incite les enfants à des relations sexuelles précoces et à la prise de risques sexuels

Plusieurs personnes pensent que cette affirmation est vraie; pourtant, elle est scientifiquement inexacte.

En vérité, un fort consensus scientifique indique que le fait de fournir aux jeunes des informations et des services de santé sexuelle et génésique n’accroît PAS l’activité sexuelle. Au contraire, les jeunes personnes qui ont accès à une éducation complète à la sexualité se sentent plus autonomisées, retardent l’amorce de l’activité sexuelle et ont des taux plus élevés d’utilisation de la contraception.

Ce mythe repose sur la fausse croyance selon laquelle des discussions sur la sexualité et les comportements sexuels encourageraient ouvertement la prise de risques sexuels. Il est issu d’un phénomène que les chercheur(-euse)s ont surnommé la « propagande de la promiscuité », qui a malheureusement une forte influence sur l’éducation à la sexualité au Canada.

Plusieurs opposant-es à l’éducation à la sexualité dans les écoles prétendent que des conversations plus ouvertes à propos du sexe seraient le signe que la société approuve les relations sexuelles chez les jeunes, et qu’elles auraient pour effet d’atténuer leur capacité de percevoir les conséquences négatives du sexe. Ces personnes sont d’avis que cela favorise la promiscuité sexuelle et que la solution consiste à prôner une éducation à la sexualité fondée sur l’abstinence (où le sexe est présenté comme étant « risqué » et « effrayant ») ou une forme d’éducation à la sexualité qui n’aborderait jamais les comportements sexuels (même pour parler de la prévention des grossesses ou des ITS). Cette approche n’est appuyée par aucune preuve scientifique. Il s’agit tout simplement d’une opinion mal informée qui a des conséquences néfastes, car elle prive les jeunes d’informations vitales à propos de la santé sexuelle.

Mythe : L’éducation à la sexualité ne traite que de sexe

L’éducation à la sexualité renseigne les jeunes sur la santé et la sexualité et ne se limite pas au « sexe ». Elle englobe beaucoup plus!

Elle nous renseigne sur nos corps et leur fonctionnement de même que sur la création et le maintien de relations saines en tous genres – des amitiés jusqu’aux partenariats romantiques. Ceci nous aide à améliorer notre santé et notre qualité de vie pour le reste de nos vies.

Elle aborde des sujets comme l’anatomie, la sécurité, le respect, la bienveillance, les normes de genre, l’identité et l’expression de soi, le romantisme et l’amour, les valeurs, les dynamiques de pouvoir, les droits qu’on exerce sur nos corps et les variations qui s’observent d’un corps à l’autre. Elle nous permet d’améliorer nos compétences pour communiquer efficacement, prendre des décisions, établir nos limites et respecter celles des autres, être des personnes et des partenaires respectueux(-se) de l’éthique, composer avec le rejet, prendre soin de nos corps et gérer notre santé. Elle est également utile pour acquérir des habiletés comme la pensée critique, l’intelligence émotionnelle, le leadership et l’affirmation de soi.

L’éducation à la sexualité est une étape cruciale de l’une des plus importantes démarches de notre vie : apprendre à se connaître pleinement et à entrer en relation avec les autres pour avoir une vie saine et épanouie.

Mythe : L’éducation à la sexualité est incompatible avec la foi

On a tendance à penser que des conflits sont inévitables, entre l’éducation à la santé sexuelle et la vision du monde des personnes et des communautés qui pratiquent une religion. Mais ce n’est pas nécessairement le cas!

La vaste majorité des gens s’entendent sur l’importance de la santé et du bien-être des jeunes. Des parents de toutes les allégeances religieuses et politiques reconnaissent l’importance du sentiment de santé et de bien-être personnel des enfants. Une éducation à la sexualité de qualité nécessite que les personnes qui l’enseignent comprennent les différences sociales et religieuses, de manière à offrir une éducation inclusive et efficace qui respecte les différentes visions du monde et les droits humains de tous et de toutes.

Des informations plus abondantes sur le genre, les relations, la sexualité et la santé sexuelle ne nuisent aucunement au dévouement d’une personne à sa foi ou à sa spiritualité. 

L’éducation à la sexualité veut autonomiser les jeunes personnes en leur fournissant les outils et l’information dont elles ont besoin pour faire des choix éclairés et pour vivre selon leurs valeurs (notamment religieuses, spirituelles et familiales). Être mieux renseigné-es sur nos corps et leur fonctionnement, sur les manières de prendre soin de notre santé et sur les relations saines, et développer les capacités nécessaires à communiquer efficacement et à établir nos limites sont des outils qui peuvent nous aider à clarifier nos perspectives de vie et nous donner la force de concrétiser cette vision.

Mythe : L’éducation à la sexualité inclusive des personnes LGBTQI2S+ ne concerne que certain-es enfants

L’éducation à la sexualité devrait être pertinente pour l’ensemble des élèves et faire en sorte que les écoles respectent le droit de tous et de toutes à des informations sur leurs corps et leurs expériences, à tous les outils nécessaires pour rester en santé et à la protection contre la discrimination. Malheureusement, à l’heure actuelle, la plupart des programmes d’éducation à la sexualité ne répondent pas aux besoins des jeunes qui ne sont pas cisgenres et/ou hétérosexuel-les.

Il est donc important de promouvoir une éducation à la sexualité inclusive des personnes LGBTQI2S+, et il serait faux de croire que ses bienfaits se limitent à une minorité d’enfants.

Des milieux d’apprentissage sûrs et inclusifs pour les jeunes LGBTQI2S+ sont bénéfiques à tous les enfants. Des études canadiennes ont démontré que le risque de suicide et les comportements de prise de risque parmi l’ensemble des élèves (pas seulement ceux et celles de minorités sexuelles et de genre) sont réduits dans les écoles dotées de politiques inclusives à l’égard des personnes LGBTQI2S+ et d’alliances gai/hétéro.

Entre autres, une éducation à la sexualité inclusive protège tous les enfants en réduisant systématiquement l’intimidation et le harcèlement. De plus, des conversations sur les identités et expressions de genre peuvent aider les enfants et les jeunes à comprendre les normes de genre rigides (comme les carrières où les filles « excellent » et ce que les garçons « ont le droit » de faire) et à les remettre en question.

Les normes de genre rigides sont des « règles » sociales qui dictent comment les hommes, les femmes, les garçons et les filles devraient s’habiller, se comporter et se présenter. Elles limitent qui nous sommes et peuvent avoir des conséquences très graves. Le mythe selon lequel les filles sont faibles et vulnérables et les garçons sont forts et agressifs est profondément ancré, et ce à plusieurs endroits dans le monde. Chez les filles, cette réalité se traduit par des taux accrus de décrochage scolaire, de violence physique et sexuelle, de grossesse précoce, de VIH et d’autres ITS. Chez les garçons, elle se traduit par des taux accrus de dépression et de comportements violents dus à l’attente selon laquelle ils devraient être « agressifs » et réprimer leurs émotions, de même que par un risque accru d’être victimisés par d’autres garçons et hommes.

Habiliter les enfants à comprendre les normes de genre rigides et à les remettre en question dès un jeune âge favorise leur santé mentale, en leur permettant d’exprimer de manières saines qui ils et elles sont réellement, plutôt que ce qui est attendu d’elles et eux.

Mythe : L’éducation à la sexualité devrait être enseignée seulement par les parents

Mythe : L’éducation à la sexualité devrait être enseignée seulement par les parents

C’est compliqué! Les parents et tuteur(-trice)s sont les premières figures enseignantes dans la vie des enfants. Ils et elles enseignent les croyances et valeurs de la famille, explicitement ou en montrant l’exemple. Ils et elles partagent des informations et répondent aux questions. Ils et elles étayent l’enseignement de notions complexes pendant des années d’interactions quotidiennes.

Cela dit, l’éducation à la sexualité en milieu scolaire et communautaire joue un rôle très important. Elle complète l’enseignement offert (ou non) à la maison au sujet de la santé sexuelle.

La grande majorité des parents le savent très bien. Une étude canadienne a révélé que 94 % des parents de l’Ontario, 92 % de ceux de la Saskatchewan et 94 % de ceux du Nouveau-Brunswick sont en faveur d’une éducation à la sexualité en milieu scolaire. L’éducation à la sexualité dans les écoles n’est pas un sujet de controverse, contrairement à ce que les médias ou nos policitien-nes en disent parfois. Le ressac contre l’éducation sexuelle est dirigé par une minorité d’individus bruyants, au Canada.

Les jeunes sont également en faveur d’une éducation à la sexualité dans les écoles. La grande majorité des jeunes veulent des adultes et des intervenant-es en éducation qui sont renseigné-es et à l’aise de parler de sexualité, de santé et de relations. Les parents ne se sentent pas toujours outillé-es pour plonger dans des sujets complexes comme les relations et la sexualité. De fait, des études canadiennes indiquent qu’un grand nombre de parents n’enseignent pas l’éducation sexuelle à la maison – ce qui signifie que l’éducation à la sexualité dans les écoles est doublement importante pour que chaque personne ait accès à l’information dont elle a besoin pour être en santé.

Les jeunes ont plusieurs questions et ont soif d’apprendre; plus les occasions éducatives sont nombreuses, plus cela les sert bien! Les parents et les écoles peuvent collaborer à cette mission.

Mythe : L’éducation à la sexualité ne convient pas aux jeunes enfants

Il est rare que nous abordions le sujet de la santé sexuelle dans la perspective des bébés et des enfants, mais nous devrions le faire. En tant que parents ou soignant-es, nous voulons que nos enfants grandissent heureux(-ses) et en santé – ce qui inclut leur santé et leur bien-être d’ordre sexuel. L’éducation sexuelle à la maison commence dès la naissance, en montrant par exemple à nos enfants que nous respectons leurs limites lorsqu’ils et elles ne veulent pas qu’on leur donne de câlin ou qu’on les chatouille, en répondant à leurs questions sur ce qu’est une famille, ou en contestant l’idée selon laquelle le rose est une couleur réservée aux filles.

Le côté « sexe », dans l’« éducation à la sexualité » ou la « santé sexuelle », pourrait préoccuper certaines personnes. S’agit-il d’encourager nos enfants ou nos adolescent-es à avoir des relations sexuelles? Ou de les exposer à du contenu ou à des sujets inappropriés? N’ayez crainte, ce n’est rien de tout cela!

Enseigner la santé et le bien-être d’ordre sexuel aux jeunes enfants – d’une manière appropriée à l’âge et au stade de développement – c’est les éduquer au fil des années sur des sujets comme le consentement, la sécurité physique, les normes de genre, l’identité de genre, l’intimité et les relations saines. Cela pourrait inclure de leur apprendre à être de bon-nes ami-es, à dire « non » aux touchers non désirés, à connaître les différentes parties de leur anatomie et à protéger leurs corps.

Une éducation à la sexualité de qualité est toujours conforme aux connaissances sur le développement de l’enfance, de manière à développer la compréhension et les compétences des jeunes au fil du temps.

Mythe : L’éducation à la sexualité livre de la propagande aux jeunes

Les Lignes directrices canadiennes pour l’éducation en matière de santé sexuelle signalent que le contenu des programmes d’éducation à la sexualité doit s’appuyer sur des données scientifiques crédibles et sur les plus récentes pratiques exemplaires. De plus, les stratégies et méthodes pédagogiques devraient être éprouvées et basées sur des recherches scientifiques conformes à l’éthique.

Bref, une éducation à la sexualité de qualité devrait être guidée par ce que la science considère comme conduisant aux meilleurs résultats sociaux et de santé, et non par des croyances, des peurs et des opinions biaisées.

Lorsque des gens disent que l’éducation à la sexualité livre de la propagande aux jeunes, c’est souvent en réaction à l’inclusion de contenu sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle. Des organismes et politicien-nes anti-LGBTQI2S+ disséminent intentionnellement de fausses informations sur ce que l’on enseigne aux élèves et se servent de ces mensonges pour gagner des appuis et du pouvoir par le biais des médias. Les attaques contre le contenu LGBTQI2S+ dans les écoles ont supposément pour but de « protéger les enfants », mais elles ont l’effet complètement inverse.

Nos communautés et nos salles de classe sont diversifiées – cela est indéniable. Chaque personne a une identité de genre et une orientation sexuelle. Et la science est claire : nous développons une compréhension de ces aspects internes de nous-mêmes dès notre enfance. Refuser d’en parler d’une manière appropriée à l’âge ne changera rien à ces réalités. Cela ne fera qu’empêcher des personnes d’accéder à l’information dont elles ont besoin pour être en santé et se sentir vues et comprises.

L’éducation sur le genre et les identités sexuelles ne sert pas d’intérêts politiques et n’est pas inappropriée. Pour les enfants plus jeunes, ceci pourrait consister à expliquer par exemple pourquoi certain-es enfants ont deux mamans ou deux papas, et que les couleurs ne sont pas réservées à des personnes plus que d’autres.

L’éducation à la sexualité fournit des informations sur la diversité des personnes qui font partie de nos communautés, afin de favoriser la santé, l’inclusion et le respect. La science est claire : elle est bénéfique à l’ensemble des élèves!

Mythe : L’éducation à la sexualité est moins importante que les cours de mathématiques, d’histoire ou de français

L’éducation à la sexualité est aussi importante, voire plus, que les matières pour lesquelles les élèves passent des examens! Il n’existe peut-être pas de tests uniformisés pour vérifier si tout le monde maîtrise les notions de la contraception et du consentement, mais l’éducation à la sexualité vise à développer les connaissances et les compétences dont nous avons besoin pour avoir une vie équilibrée et des relations saines et pour nous épanouir!

Et bien que ces leçons puissent changer des vies, l’éducation à la sexualité n’est pas considérée de la sorte, au Canada.

Lorsqu’elle est adéquate, l’éducation à la sexualité fournit les informations et les compétences dont vous avez besoin pour faire des choix sains, pour prendre soin de votre corps et pour traiter votre personne ainsi que les autres avec respect. En tant que société, cela démontre que nous répondons à des enjeux cruciaux comme les taux croissants d’ITS, la discrimination et la violence fondée sur le genre. Une telle éducation peut transformer nos vies, et ce à plusieurs égards.

Il est temps que toutes les personnes du Canada se joignent à l’appel en faveur d’une meilleure éducation à la sexualité pour toutes et tous, d’un océan à l’autre!

Mis à jour le 2020-02-05
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